Entre les fournisseurs d’énergie et les consommateurs, la tension augmente

Le médiateur de l'énergie remet ce mardi son rapport d'activité de l'année 2018. Jean Gaubert s'inquiète d'une hausse de 37% des litiges.

Factures inexactes, problèmes de raccordements au réseau, rattrapages de consommation tardifs… les contentieux entre fournisseurs d’énergie et clients ont augmenté de 37% depuis 2017, selon le médiateur de l’énergie, Jean Gaubert, qui a remis son rapport annuel ce mardi.

Au total, le médiateur a traité près de 17 000 demandes de litiges en 2018, une hausse de 13% par rapport à 2017. Parmi ces demandes, plus de 5000 ont été traitées par le service de médiation.

Les plus fortes augmentations concernent le nombre d’affaires liées aux factures : + 60%. Les contestations du montant des consommations de la facture représentent environ 30% des recours adressés au médiateur de l’énergie.

Une plus grande concurrence

Le rapport met aussi l’accent sur la diversification du marché de l’énergie. Les fournisseurs sont de plus en plus nombreux. Entre 2009 et 2018, le nombre de fournisseurs a été multiplié par 4, passant de 8 à 31. “Ce qui est assez extraordinaire, c’est qu’ils sont tous libéraux, mais leur libéralisme s’arrête quand on parle du client : quand le client est à moi, surtout personne n’y touche, mais quand il n’est pas à moi j’ai le droit d’agresser, j’ai le droit de faire tout ce que je veux”, déplore le médiateur, Jean Gaubert. L’électricien et gazier italien ENI concentre 18% des litiges, contre 31% pour EDF et 25% pour Engie.

Avec la concurrence accrue entre les fournisseurs, le rapport note l’amplification des mauvaises pratiques : offres “vertes” pas si vertes, épinglées par un rapport de l’agence de l’environnement et la maîtrise de l’énergie (ADEME)  en 2018, méthodes commerciales discutables ou encore promotions faussement intéressantes.

Rattrapages des consommations illégaux

Le médiateur de l’énergie épingle finalement les fournisseurs qui ne respectent pas l’interdiction légale de facturer des rattrapages de consommation de plus de 14 mois. Ces facturations représentent 10% des litiges.

Dans le viseur du médiateur enfin, les compteurs Linky. Ces dispositifs mesurent les consommations en temps réel mais les fournisseurs mettent un an à régulariser. Et au lieu de modifier les mensualités, la régularisation se fait le plus souvent en une fois, ce qui peut occasionner de mauvaises surprises.