Glyphosate : Monsanto condamné à payer 2 milliards de dollars à un couple américain

Le jury a reconnu que Monsanto avait agi avec «malveillance, oppression ou fraude et devait être puni pour son comportement», selon l'un des cabinets qui défendaient le couple.

 

C’est le troisième revers pour Monsanto dans le dossier Roundup aux Etats‐Unis. Lundi 13 mai, un jury californien a condamné le groupe allemand Bayer, propriétaire du Roundup, à verser plus de 2 milliards de dollars de dommages à un couple de septuagénaires. Ils accusent l’herbicide d’être à l’origine de leur cancer. A ces deux milliards s’ajoutent 55 millions de dollars accordés aux époux à titre compensatoire pour les pertes économiques et le préjudice moral. Le jury a reconnu que Monsanto avait agi avec «malveillance, oppression ou fraude et devait être puni pour son comportement», a souligné la firme Baum, Hedlund, Aristei &Goldman, l’un des cabinets qui défendaient le couple, dans un communiqué.

Bayer «déçu» du verdict

Pour le jury, Monsanto aurait dû prévenir des dangers possibles de son produit, responsable du lymphome développé par chacun des deux plaignants. Le couple a commencé à utiliser le Roundup en 1982. Alva Philliod, le mari, est diagnostiqué en 2011 et l’épouse, Alberta Philliod, en 2015. «Nous aurions aimé que Monsanto nous prévienne, qu’il y ait quelque chose sur l’étiquette qui dise que cela pouvait causer le cancer, nous ne l’aurions pas utilisé», a déclaré Alberta Philliod lors du procès.

 

Le fabricant affirme pour sa part que le Roundup est sans danger. Bayer s’est déclaré «déçu» du verdict et a annoncé qu’il comptait faire appel. Le groupe a également rappelé lundi les propos de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) : le glyphosate «n’est probablement pas cancérigène pour les humains», avait déclaré l’agence en avril dernier.

Ce procès s’était ouvert fin mars, juste après la condamnation de Monsanto à verser 80 millions de dollars à un septuagénaire atteint d’un cancer. En août, Monsanto avait déjà été condamné à verser 78 millions de dollars à un jardinier, atteint d’un cancer. Lors de ces deux procès, le jury a estimé que Monsanto aurait du prévenir des dangers possibles de son produit.