La quantité de CO2 dans l’atmosphère n’a jamais été aussi importante

La quantité de dioxyde de carbone dans l'atmosphère a atteint 415 parties par million le 11 mai 2019. Un record dans l’histoire de l’Humanité.

«Il ne s’agit pas seulement du niveau le plus élevé dans les enregistrements : c’est le plus important seuil atteint depuis l’existence des humains modernes», a regretté le météorologue Eric Holthaus sur Twitter le lundi 12 mai au sujet de la quantité de CO2 dans l’atmosphère.

Pour la première fois depuis l’histoire de l’Humanité, le niveau de dioxyde de carbone a atteint 415, 26 millions parties par million (ppm) d’après l’institut d’océanographie Scripps, situé à San Diego, en Californie. D’après l’observatoire, ce triste record s’expliquerait par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, qui aurait «déséquilibré le budget énergétique de la Terre, piégeant la chaleur supplémentaire et élevant la température moyenne de la Terre». 

Le «partie par million» correspond à la quantité d’une molécule, le CO2, présente dans un million de molécules d’air. Depuis 1958, l’évolution de la concentration en CO2 dans l’atmosphère terrestre est illustrée  graphiquement par la courbe de Keeling, du nom de chercheur de l’institut Scripps. En 2010, ce taux s’élevait à 390 ppm, contre 280 en 1750, selon l’Organisation météorologique mondiale.

Conséquence : une augmentation de la température moyenne globale de 0,74% entre 1906 et 2010, toujours selon l’organisation. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a annoncé une hausse de cette température de 2 à 6% avant la fin du 21e siècle si aucune mesure n’est mise en place.

Ces conclusions interviennent une semaine après la publication d’un rapport de l’ONU sur la biodiversité. D’après l’étude, plus d’un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction à cause du changement climatique. L’an dernier, plusieurs climatologues alertaient sur la proximité d’un «point de rupture climatique», estimé à quelques décennies. Une date, d’après ces experts, après laquelle plus aucune action humaine ne pourra enrayer l’accélération de la destruction de l’écosystème.