Le gouvernement n’a pas “renoncé” à son objectif de suppression de 120 000 fonctionnaires

Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, la diminution du nombre d'agents de la fonction publique est encore à l'ordre du jour, selon Bruno Le Maire.

Emmanuel Macron s’était dit prêt, lors de sa conférence de presse du 25 avril 2019, à « abandonner » la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, si l’objectif n’était pas « tenable ». Le ministre de l’économie Bruno Le Maire, a tenu à rappeler ce mardi matin, au micro de Radio Classique, que le gouvernement n’avait pas « renoncé » à son objectif.

Pendant la campagne présidentielle, la diminution du nombre d’agents publics était l’une des promesses du candidat Emmanuel Macron. Mais le mouvement des « gilets jaunes » et le débat national ont fait émerger une demande forte de la part des citoyens français : davantage de services publics, notamment dans les endroits isolés.

Depuis, les déclarations du gouvernement et du chef de l’Etat se sont succédé, laissant entendre un report de la mesure plutôt qu’un oubli définitif, le tout avec une certaine précaution dans leurs déclarations. L’objectif n’est pas un « totem » pour Edouard Philippe, comme il l’expliquait le 30 janvier 2019. « Ce n’est pas l’alpha et l’oméga et nous ne nous levons pas le matin avec cet objectif », déclarait quant à lui Olivier Dussopt, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin.

Sacha Houlié, député de la majorité LREM dans la Vienne, se montre lui aussi prudent« il faut que l’on s’approche de l’objectif des 120 000 suppressions de postes mais la leçon des « gilets jaunes », c’est que la logique comptable ne fait pas une politique publique. La quête de sens doit être au centre de l’action publique. Sinon, vous accréditez l’idée que les élus ne sont que des administrateurs. » 

Maîtriser la dépense publique

Le 27 février 2019, Gérald Darmanin affirmait pourtant que la « promesse » serait « tenue ». Le ministre a récemment jugé cet objectif « atteignable ». Malgré les revendications ayant émergé du Grand Débat, le gouvernement et Emmanuel Macron souhaitent respecter un autre objectif : baisser la dépense publique. En raison des mesures d’urgence annoncées en décembre, en réponse aux « gilets jaunes »,  l’exécutif a revu à la baisse ses ambitions en matière de réduction du déficit et de la dette publique d’ici à 2022.

Selon le ministère de l’Économie, le déficit devrait atteindre 1,2% du PIB en 2022, au lieu du retour à l’équilibre initialement annoncé. La dette devrait passer de 98,4% du PIB l’an dernier à 96,8% en 2022, loin des 92,7% initialement prévus.