Une taxe sur le kérosène prônée par une étude européenne

Un rapport rendu à la Commission européenne propose de rendre plus cher le carburant des avions, à hauteur de 33 centimes par litre. Une mesure pour réduire le trafic aérien et donc son impact sur l'environnement.

Une étude, commandée par la direction générale des transports de la Commission européenne en avril 2017, appelle à la mise en place d’une taxe kérosène. Le rapport de 66 pages, que le journal Le Monde a pu se procurer, fait l’inventaire des politiques fiscales mises en place dans le secteur aérien au sein de l’Union européenne.

Sa solution : une taxe de 33 centimes par litre de carburant, ce qui réduirait de 10% les émissions de dioxyde de carbone. Le rapport explique que la hausse du prix du carburant va se répercuter sur les prix des billets, qui devraient augmenter de 10 %. Ce qui, du côté du consommateur, va entraîner une baisse de la demande. Moins de passagers, donc moins d’avions dans le ciel… et moins d’émissions de CO2.

Le kérosène au programme de nombreux candidats aux européennes

Période de campagne oblige, les candidats français aux élections européennes se sont également emparés de la question. Faut‐il taxer le kérosène pour l’environnement ?

Plusieurs listes proposent clairement de taxer les transports aériens. La liste La République en marche, menée par Nathalie Loiseau, se propose de « taxer le transport aérien », dans le but d’encourager la recherche sur des carburants et des transports moins polluants.

La liste Décroissance 2019, menée par l’enseignante Thérèse Delfel, veut « taxer équitablement le kérosène », ainsi que les carburants des bateaux et des camions.

Pour diminuer le trafic, la liste Urgence écologie de Dominique Bourg propose la suppression des vols aériens lorsqu’une alternative en moins de 5 heures existe, une baisse du prix du train, davantage de trains de nuits et… une augmentation du prix des vols via une taxe sur le kérosène.

Mais rien de nouveau, puisque dès le mois de novembre 2018, Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique, se disait favorable à la mise en place d’une taxe sur le kérosène. Elle estimait d’ailleurs que cette mesure n’avait aucun sens au niveau national, mais qu’elle devait être prise à l’échelle européenne.

Trafic élevé, marché en expansion, prix imbattables

Toutes ces mesures visent à réduire le trafic aérien, en augmentation ces dernières années (voir ci‐dessous). Il continue d’augmenter en 2018, mais moins rapidement. Le nombre de passagers au kilomètre a augmenté de 6,4 % entre 2017 et 2018, contre 8,4 % l’année précédente. Selon les chiffres de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), l’Europe reste, en 2018, le premier marché aérien, avec 37 % des parts de marchés.

Ce marché est accaparé par les compagnies low‐cost, dont certaines proposent de traverser des pays entiers pour un prix défiant toute concurrence — et moins élevé que celui du train. Par exemple, Hop!, la compagnie low‐cost d’Airfrance propose un vol Lille‐Marseille pour le 18 juillet à 50 €. A titre de comparaison, le prix le plus bas pour le même voyage en train, le même jour, s’élève à 70,50 €. 

En France, l’aviation représente 4 % des émissions de CO2 dues aux transports, selon les chiffres des Services techniques de l’aviation civile. Une petite part, donc, mais qui résonne différemment ce mardi, alors que la quantité de dioxyde de carbone vient d’atteindre le record historique de 415,26 parties par millions (ppm).