Aciéries Ascoval : le repreneur britannique pourrait être au bord de la faillite

Selon la presse anglaise, British Steel serait en grande difficulté financière. Un nouveau rebondissement pour les salariés d’Ascoval, dont l’avenir demeure incertain.

Le soulagement des 271 salariés des aciéries Ascoval de Saint‐Saulve (Nord) aura été de courte durée. Quinze jours à peine après l’annonce du rachat d’Ascoval par le sidérurgiste British Steel, le groupe britannique serait proche du dépôt de bilan.

C’est en tout cas ce qu’affirme la chaîne d’information Skynews, qui croit savoir que British Steel élabore en secret des préparatifs pour parer à une éventuelle cessation de paiements. Une source explique même qu’une partie de British Steel pourrait se placer sous le régime des faillites dès le mercredi 15 mai.

Des emplois en sursis

Selon la presse anglaise, 5000 ouvriers pourraient perdre leur poste si ce scénario se produisait. Parmi eux, les salariés d’Ascoval. Le 2 mai, ils avaient cru être tirés d’affaire, lorsque la chambre commerciale du tribunal de grande instance avait confié la reprise de l’usine de Saint‐Saulve à British Steel. Le groupe britannique avait même annoncé que les 271 salariés conserveraient leurs emplois et leurs acquis. De quoi rassurer les travailleurs, en sursis depuis le placement en liquidation judiciaire du groupe Asco Industries en février 2018.

Une faillite de British Steel pourrait marquer un coup d’arrêt dans l’expansion européenne de la compagnie, dont la dernière étape en date avait été le rachat d’Ascoval. Le troisième syndicat britannique, GMB, a exhorté le gouvernement à accorder le prêt réclamé par l’entreprise le plus rapidement possible.

Mercredi 15 mai, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a assuré que la reprise d’Ascoval par British Steel aurait bien lieu, l’Etat et le groupe britannique ayant selon lui débloqué des fonds promis dans le dossier de l’aciérie en difficulté. «British Steel tiendra ses engagements, l’Etat français tiendra ses engagements vis à vis d’Ascoval, et la reprise d’Ascoval par British Steel se fera», a déclaré M. Le Maire lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

British Steel s’est également voulue rassurante. Dans une déclaration, elle a répondu aux fuites dans la presse, assurant «poursuivre des discussions à propos d’un nouveau soutien financier». La compagnie viserait un financement de 75 millions de livres (86 millions d’euros) notamment auprès des pouvoirs publics. L’objectif : «répondre aux problèmes liés au Brexit», a expliqué British Steel, sans plus de précisions.