Ces mairies qui peinent à trouver 34 panneaux électoraux

Alors que les élections européennes ont lieu le 26 mai prochain, les 34 listes candidates posent problème aux petites municipalités françaises qui n'ont pas suffisamment de supports pour les présenter.

 

Cette année, le nombre de listes validées en vue du scrutin européen est un record. Habituellement, elles ne sont pas plus d’une quinzaine. À chaque élection, les communes françaises mettent en place des panneaux censés accueillir les affiches électorales. Ce processus est très réglementé. Le nombre et les dimensions des pancartes qu’un candidat peut choisir d’afficher est par exemple fixé par le Conseil d’Etat. De la même manière, le code électoral stipule qu’il doit y avoir une affiche par lieu de vote. La garantie d’une surface égale pour chaque candidat doit aussi être respectée. Face à cette situation inédite, les zones rurales n’ont pas suffisamment de panneaux à leur disposition, ni assez d’espace sur la voie, et peinent à appliquer ce système. Plusieurs d’entre elles ont dû faire preuve de créativité pour y parvenir.

«On ne s’attendait pas à autant de listes!»

C’est le cas de la mairie de Peipin, commune d’un peu plus de 1000 habitants située en Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Comme elle ne disposait que de huit panneaux, « le maire a été obligé d’envoyer des agents qui ont dû travailler mais aussi aller acheter du matériel pour construire eux‐mêmes les panneaux » a indiqué la secrétaire de la mairie. Des panneaux « faits maison » qui ont tout de même eu une incidence sur les finances de la commune.  « On a essayé de faire avec les moyens que l’on avait. Cela représente un petit investissement quand même pour les supports en bois » affirme‐t‐elle. « On était surpris parce qu’on ne s’attendait pas à autant de listes. Il y a un mois, on nous annonçait une quinzaine de listes. Le chiffre n’était certes pas définitif, mais on pensait qu’on aurait suffisamment de panneaux. Quand on a appris le nombre officiel, on s’est dit : “comment va‐t‐on se débrouiller ?”»

Pareil du côté de la mairie de Saint‐Just dans le Cher. Le maire a opté pour une autre option : utiliser des vieux supports et “les diviser en deux afin que chaque affiche ait la même dimension. » Une employée de la mairie affirme que « c’est quand même rare d’avoir autant de candidats ». 

Moins de problèmes pour les grandes métropoles

Bien que de nombreuses communes de zone rurale aient dû trouver des solutions face à l’urgence de la situation, d’autres avaient suffisamment de place pour les 34 panneaux. La mairie d’Indre a notamment affirmé « n’avoir pas eu ce problème là». Les métropoles ont plus d’espaces disponibles et des moyens logistiques plus importants. C’est par exemple le cas de Paris, où 13 200 panneaux ont été affichés.

Irène Ahmadi