Des figures du PS dénoncent les propos de Glucksmann sur Mitterrand et le Rwanda

Le candidat PS/Place publique aux élections européennes a critiqué à plusieurs reprises la politique de la France lors du génocide rwandais. 

« François Mitterrand a porté de la manière la plus radicale et la plus abjecte la politique de la France au Rwanda. » C’est à cause de cette phrase, prononcée en janvier, que Raphaël Glucksmann, la tête de liste PS/Place Publique, s’est attiré les foudres d’anciens ministres socialistes.

Le 6 avril, en marge de son meeting à Toulouse, le fondateur de Place Publique avait de nouveau accusé l’ancien président d’être “complice du génocide au Rwanda” perpétré par les Hutus et qui a fait environ 800.000 morts parmi les Tutsis entre avril et juillet 1994.

En pleine campagne pour les Européennes, vingt‐trois éléphants du parti l’ont donc interpellé dans une lettre adressée au premier secrétaire du PS Olivier Faure. Datée du 9 mai et révélée par le Canard Enchaîné ce mercredi, elle a notamment été signée par Bernard Cazeneuve, Jack Lang, ou encore Elisabeth Guigou, l’ancienne ministre socialiste qui a annoncé mardi apporter son soutien à la liste LREM.

Hubert Védrine, ancien proche de Mitterrand et ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Jospin, contestait le mois dernier toute complicité de la France dans le génocide rwandais.

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Sommé de “retirer ses insultes”

“Comment peut‐on porter un tel jugement, alors que la France a été […] le seul pays, dès le feu vert donné par l’ONU, à mener une opération humanitaire en 1994, pendant le génocide, pour sauver des vies, pendant que le monde entier restait indifférent ?”

D’après la lettre publiée dans Le Canard Enchaîné, la politique française au Rwanda “peut être critiquée” mais “rien, absolument rien, ne peut justifier les accusations de ‘complicité de génocide’ relayées par M. Glucksmann, alors qu’il s’exprime aujourd’hui au nom des socialistes”. Il est demandé à Olivier Faure “de convaincre Raphaël Glucksmann de retirer ses insultes et accusations infondées envers François Mitterrand”, et “en cas de refus” qu’il “trouve les formes appropriées pour désavouer ses propos”.

Inquiétude pour la campagne

Des proches d’Olivier Faure accusent les socialistes transmués macronistes d’être à la manoeuvre. “Ces gens qui, comme Elisabeth Guigou ou Hubert Védrine, ne peuvent se résigner à ne plus être proches du pouvoir. Et qui vont toujours là où il s’exerce, c’est plus fort qu’eux”, lâche un haut responsable du PS à France Inter.

Cette polémique arrive alors que l’alliance PS‐Place publique ne décolle pas dans les sondages, et que des socialistes inquiets s’impliquent dans la campagne pour tenter d’éviter un score en dessous de 5 %. Raphaël Glucksmann est en meeting mercredi à Rouen avec Christiane Taubira, jeudi à Lyon en compagnie de Bernard Cazeneuve, samedi à Paris avec Anne Hidalgo et la semaine prochaine à Lille, accompagné de Martine Aubry.