Ecotaxe : des députés proposent une nouvelle version

Les parlementaires de la majorité veulent taxer les entreprises faisant appel aux routiers plutôt que les routiers eux-mêmes. Une idée qui ne fait pas l’unanimité.

Les infrastructures de transport françaises ont besoin d’argent. La loi d’orientation sur les mobilités (LOM) est arrivée mardi à l’Assemblée nationale après avoir été votée en première lecture au Sénat. La LOM prévoit un plan d’investissement de 2,7 milliards d’euros par an pendant dix ans pour rénover les axes de transport.

Problème : il manque 500 millions d’euros par an à partir de 2020. «Et si on taxait les donneurs d’ordre ?», propose Bruno Fuchs, député MoDem du Haut‐Rhin dans les pages du Parisien. «C’est-à-dire les entreprises qui font appel aux routiers pour transporter leurs marchandises. Les pollueurs‐payeurs, ce sont eux. Ils payeraient une taxe en fonction du volume de CO2 émis par les camions qu’ils ont choisi.»

Cette nouvelle version de l’écotaxe permettrait de ne pas faire payer les routiers eux‐mêmes, qui avaient menacé à l’automne dernier de bloquer les routes si la vignette originellement prévue, mais jamais mise en place, entrait en vigueur. Obligatoire pour chaque poids lourd français ou étranger circulant en France, cette vignette devait permettre de taxer les poids lourds et de rapporter à l’Etat 500 millions d’euros pour l’entretien des routes.

Des réactions contrastées

Chez les transporteurs routiers, l’idée fait l’unanimité : «La vignette, c’est punitif tandis que l’Éco Transport récompense les entreprises qui investissent dans un parc de camions plus propres, mieux entretenus et qui forment ses conducteurs pour une conduite plus économe», s’enthousiasme Jean‐Marc Rivera, secrétaire général de l’OTRE (Organisation des transporteurs routiers européens), dans les pages du Parisien.

Autre son de cloche au ministère des Transports. «Il n’est pas question de soutenir cette proposition, prévient‐on dans l’entourage d’Elisabeth Borne. On ne partage pas du tout la philosophie de cette proposition qui reviendrait à taxer l’ensemble des secteurs économiques et qui créerait des distorsions de concurrence avec le transport international.»