Fonctionnaires : les effectifs de l’Etat ont (un peu) augmenté en 2018

Contrairement à ce que prévoyait le gouvernement, 206 postes en équivalent temps plein ont été créés l’année dernière.

Non, le nombre de postes de fonctionnaires n’a pas diminué en 2018. Ils ont même augmenté, selon le rapport de la Cour des comptes sur l’exécution du budget 2018. 206 postes en équivalent temps plein (ETP) ont été créés sur le périmètre de l’Etat… alors que la loi des finances initiale prévoyait 324 suppressions nettes de postes. «Un écart de +530 emplois» par rapport aux prévisions, souligne la Cour.

Cette augmentation s’explique par la hausse des effectifs de l’Intérieur et de la Justice, qui avaient prévu plus de départs à la retraite non‐remplacés qu’il n’y en a eu finalement. Mais on la doit également à la création de postes dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.

«L’exercice 2018 est marqué par une stabilité des effectifs, précise la Cour. Les suppressions de postes étaient en hausse dans les ministères de l’Action et des comptes publics (- 1450 ETP), de la Transition écologique et solidaire (- 828 ETP) et de la Santé et des solidarités (- 258 ETP). Toutefois, les effectifs continuaient à augmenter aux ministères de l’Intérieur (+ 1 420 ETP), de la Justice (+ 1 000 ETP) et des Armées (+ 518 ETP). Les emplois du ministère de l’Education nationale étaient stables.»

«La baisse des effectifs n’est pas engagée»

A noter toutefois : la Cour des Comptes n’intègre pas dans son rapport les effectifs des opérateurs de l’Etat (Pôle Emploi, le CNRS ou encore Météo France), des secteurs dans lesquels la loi des finances prévoyait 1200 suppressions de postes. Selon la Cour, ce chiffre ne leur a pas été transmis, malgré des demandes réitérées.

«La baisse des effectifs n’est pas encore engagée», conclut donc le rapport. Pendant la campagne présidentielle, le candidat Emmanuel Macron avait promis de supprimer 120.000 postes de fonctionnaires sur l’ensemble du quinquennat. Le 14 mai, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait encore affirmé que le gouvernement n’avait «pas renoncé» à cette mesure.