Xylella fastidiosa : la bactérie tueuse d’oliviers pourrait se répandre en Europe

Dans une nouvelle étude, l'Agence européenne de sécurité des aliments confirme qu’il n’existe aucun « moyen connu d’éliminer la bactérie d’une plante malade ».

Un scénario digne d’une dystopie. Un rapport de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) alerte sur les risques de propagation de la bactérie Xylella fastidiosa, la tueuse d’oliviers, dans les pays de l’Union européenne. Cette bactérie transmet aux végétaux diverses maladies, qui provoquent leur dépérissement voire leur mort, et s’étend grâce aux insectes.

L’évaluation de l’EFSA confirme qu’il n’existe aucun « moyen connu d’éliminer la bactérie d’une plante malade sur le terrain », même si des essais menés par l’agence permettent de «réduire temporairement la gravité de la maladie». L’EFSA estime essentiel de surveiller les insectes et de créer des «zones tampons» pour isoler les cultures infectées.

Elle touche pour l’instant les zones côtières de l’Europe, mais pourrait s’étendre. «La majeure partie du territoire de l’UE présente des types de climat sous lesquels l’agent pathogène s’est déjà déclaré ailleurs dans le monde», affirme le rapport. Les pays du Nord et les zones d’altitude seraient épargnées, mais une sous‐espèce, X. fastidiosa subsp. multiplex, pourrait s’y implanter. En France, la bactérie est présente en Corse et dans la région Provence‐Alpes‐Côte d’Azur. L’étude indique que des foyers infectés ont été découverts en Espagne, au Portugal et en Italie ces derniers mois.  

Plus de 500 espèces végétales sont concernées par le risque de propagation de cette bactérie. Selon le rapport de l’EFSA, les oliviers sont bien les plus affectés, surtout ceux vieux de plus de 30 ans. Les amandiers et les agrumes sont aussi concernés, et peuvent subir des baisses de rendements à cause de Xylella Fastidiosa. La vigne semble plus résistante, même si une sous‐espèce, la Fastidiosa Fastidiosa, a déjà infecté certains vignobles aux Etats‐Unis.