Goodyear : les ex‐salariés réclament réparation

Le Conseil des prud'hommes rend sa décision sur le licenciement des salariés de l’usine de pneumatiques, fermée en 2014.

Les 823 ex‐salariés de Goodyear vont être fixés sur le motif de leur licenciement. Le Conseil des prud’hommes se prononcera ce jeudi, à 14h. Cinq ans après la fermeture de l’usine de pneumatiques d’Amiens-Nord, les ex‐salariés sauront s’ils obtiennent des indemnités pour licenciement abusif.

« Je suis très confiant », a déclaré à l’AFP lundi dernier Mickaël Wamen, ex‐leader de la CGT de l’usine et figure de la contestation. En octobre dernier, les plaignants estimaient que leur licenciement était dépourvu de cause économique sérieuse. Selon leur avocat, le groupe avait enregistré « la somme la plus colossale jamais affichée par Goodyear depuis sa création » en 2014. Il affichait un résultat net de 2,5 milliards de dollars après impôts.

Un bras de fer juridique et social

La direction, elle, considère qu’elle rencontrait des difficultés depuis 2007, aggravées par la crise économique de 2009. Selon ses avocats, l’usine était « extrêmement déficitaire » et sa dette nette s’élevait à 5,267 milliards de dollars au moment de sa fermeture.

Entre 2007 et 2014, les salariés ont tout fait pour démontrer que leur usine ne devait pas fermer. Huit salariés sont allés jusqu’à séquestrer le directeur des ressources humaines et le directeur de la production pendant une trentaine d’heures avant la fermeture de l’usine. Sept d’entre eux ont été condamnés à des peines de prison avec sursis. L’usine a tout de même fermé, entraînant la suppression de 1143 emplois et la démolition de ses locaux. Aujourd’hui, les ex‐salariés ne comptent plus que sur une réparation morale et financière.