Le Pacifique menacé par des matériaux radioactifs

Mal isolé et fissuré, le dôme qui retient des résidus d'essais nucléaires de la Guerre froide sur les iles Marshall est mis en péril par la montée des eaux.

Des fuites possibles de matériaux radioactifs dans le Pacifique ? C’est ce qui inquiète le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Sur un îlot de l’archipel des Marshall, un dôme de béton de de 45 centimètres d’épaisseur renferme, depuis 1979, les résidus de douze années d’essais nucléaires américains.

Cette solution de stockage devait être temporaire. Toutes les mesures de sécurité n’ont pas été prises. Le fond du cratère n’a pas été isolé avec du béton, d’où des craintes de lessivage des matières radioactives. Par ailleurs, sur les quarante dernières années, le dôme s’est fissuré. La montée des eaux provoquée par le réchauffement climatique menace la structure construite sur l’île de Runit (atoll d’Enewetak). Sur place, Antonio Guterres n’a pas proposé de solutions au «cercueil» hérité de la Guerre froide. En revanche, il a évoqué la question des compensations pour les populations locales.

50 ans d’essais nucléaires

Entre 1946 et 1996, les Etats‐Unis, la France et la Grande‐Bretagne ont effectué des centaines d’essais nucléaires sur des îles du Pacifique. Les Américains ont réalisé plus de 100 essais, dont 67 entre 1946 et 1958 sur les atolls dans les Marshall, situées à mi‐chemin entre l’Australie et Hawaï. Parmi ces tests, figure celui de la bombe à hydrogène «Bravo» en 1954. Il s’agit de la bombe H la plus puissante jamais détonée par les Etats‐Unis, 1.000 fois supérieure à celle larguée sur Hiroshima.

« Le cercueil », lui, est un cratère de l’explosion de la bombe nucléaire Cactus en mai 1958. Il a été recouvert d’un dôme en 1979.