Près de 4 victimes de violences sexuelles sur 5 ne se signalent pas

La majorité d’entre elles restent invisibles des autorités. 78% des victimes de violences sexuelles ne se signalent ni à la police, ni à la gendarmerie, soit près de 4 femmes sur 5. C’est ce que révèle une enquête “Cadre de vie et sécurité” de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, dont FranceInfo publie les résultats ce jeudi. Autre chiffre alarmant : en moyenne, chaque année entre 2011 et 2017, 235 000 personnes âgées entre 18 et 76 ans ont été victimes de violences sexuelles.

“Cela ne sert à rien”

Pourquoi ne pas se signaler ? “Cela ne sert à rien”, répondent 72% des personnes interrogées pour l’enquête. 69% “préfèrent trouver une autre solution”, et plus de la moitié redoutent “des épreuves supplémentaires”… alors que 44% veulent “éviter que ça se sache” et qu’un tiers se terrent dans le mutisme “par peur de représailles ou d’une vengeance”.

Fait marquant, les victimes de viol semblent les plus effrayées parmi les victimes de violences sexuelles à l’idée de relater le crime aux autorités. Elles sont 49% à avoir refusé de signaler le viol par peur des représailles, contre 30% pour le reste de l’échantillon. Les victimes de viol hésitent également plus que les autres à se déplacer de peur que les faits ne s’ébruitent, ou pour s’épargner des épreuves supplémentaires. Des chiffres d’autant plus inquiétants que selon le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure, chaque année, 94.000 femmes en moyenne sont victimes de viol ou de tentative de viol.