Des milliers de plaintes pour viol non‐enregistrées en Grande‐Bretagne

Plus de 10.000 plaintes pour viol ont été enregistrées de manière inexacte par la police britannique au cours des trois dernières années et, dans certains cas, elles ne sont jamais apparues dans les chiffres officiels, révèle aujourd’hui le Guardian. La cause de ces inexactitudes ? La plupart du temps, des documents incomplets ; mais également, des erreurs dans l’enregistrement des plaintes, qui aboutissent à catégoriser le rapport de viol -un crime‐ comme un simple incident. En conséquence, certaines enquêtes ne sont simplement jamais menées.

Le Guardian a examiné les audits de 34 forces de police publiés entre août 2016 et juillet 2019. Résultat : seules trois de ces forces avaient correctement enregistré les plaintes de viol. Sur plus de 4 900 rapports de viol vérifiés, 552 se sont avérés inexacts. Tous les rapports de viol ne sont pas vérifiés : il n’est pas possible de savoir exactement combien d’entre eux sont inexacts, mais plus de 150 000 viols ont été signalés à la police à ce moment‐là, ce qui signifie, en tenant compte des proportions, que plus de 10 000 cas pourraient être affectés par des inexactitudes.

Les femmes en situation de vulnérabilité plus concernées

Les inspections des forces de police ont également révélé que les femmes vulnérables, notamment celles souffrant de problèmes de santé mentale, de toxicomanie, de viol ou de prostitution ou de prostitution couraient le risque de voir leur cas ignoré dans de nombreux cas par les forces de l’ordre.

“Le nombre de cas de viol signalés aux forces de police a fortement augmenté depuis 2014 et nous travaillons à l’amélioration de la précision des rapports de criminalité, s’est défendu le porte‐parole de la NPCC, un organe national de coordination des forces de l’ordre au Royaume‐Uni. L’enregistrement précis du crime peut être influencé par de nombreux facteurs qui peuvent ne pas être clairs au début d’une enquête. ”

Depuis mars 2019, le gouvernement britannique enquête sur la manière dont sont traitées les affaires de viol par le système pénal. Son porte‐parole a notamment annoncé le recrutement de 20 000 policiers supplémentaires, afin de “rétablir la confiance du public dans le système de justice”. Une confiance que ces révélations pourraient encore écorner.