Israël : entre Netanyahu et Gantz, accords et désaccords

La deuxième élection législative en cinq mois pour l’état hébreu n’a pas permis de départager Benjamin Netanyahu et Bennie Gantz. Malgré leurs programmes similaires, les deux principaux candidats pour diriger la Knesset refusent de céder la place à l'adversaire.

Ils ont plus de points communs qu’ils ne le concèdent. En Israël, la proposition de Benjamin Netanyahu de former un « gouvernement d’union nationale » avec son rival Benny Gantz a pu sembler faire office de stratégie de dernière minute pour le président du Likoud.

Mais cette hypothétique coalition se fonde, malgré des points de discordes cruciaux, notamment en matière sécuritaire, sur des similarités parfois prononcées. Le premier ministre et l’ancien général de Tsahal  possèdent la même vision  du rôle d’Israël au Moyen‐Orient : hors de question que l’état hébreu ne plie face aux intimidations de ses « ennemis » palestiniens et chiites.

Comme un symbole de ces positions proches, les deux hommes ont même déjà collaboré par le passé dans de nombreuses opérations militaires. Leur coalition permettrait de ravir une majorité pour l’instant inaccessible aux deux formations… pour quelques sièges seulement. Selon des résultats provisoires, Benny Gantz et sa formation ne disposait le 17 septembre que de 56 sièges, soit un siège de plus que le « bloc de droite » mené par « Bibi » Netanyahu. Lorsque 61 sièges sont requis.  

Des points de discordes cruciaux opposent cependant les deux hommes. D’abord, en matière de politique sécuritaire. Benjamin Netanyahu reproche à Benny Gantz son laxisme face à la question iranienne. Le chef de Bleu Blanc se dit prêt à privilégier les voies diplomatiques avec la puissance chiite. De même, avec tous les pays plus ou moins modérés de la région afin de préserver l’intégrité du territoire israélien. 

Quant à Benny Gantz, sa campagne électorale s’est fondée sur la dénonciation des multiples affaires de corruption dans lesquelles le premier ministre israélien est empêtré. Et sur l’instrumentalisation du débat politique par les religieux orthodoxes, soutiens appuyés de Benjamin Netanyahu. Dès lors, difficile de voir comment les deux hommes pourraient trouver un terrain d’entente dans ce contexte. 

Une alliance à tout prix ? 

Benny Gantz a refusé l’idée d’un « gouvernement d’union nationale » ce jeudi en assurant que seul lui pouvait la diriger. Benjamin Netanyahu se retrouve donc encore une fois dans l’impasse alors qu’il doit être auditionné début octobre par la justice. Dimanche, le président israélien Reuven Rivlin débutera les consultations des partis élus à la Knesset pour nommer le futur Premier Ministre. Reste à savoir si le projet de gouvernement d’union nationale aboutira d’ici là.