Le site Alstom de Reichshoffen menacé

Rupture entre la SNCF et Alstom. La compagnie ferroviaire a annoncé mercredi qu’elle choisissait le constructeur Espagnol CAF pour fournir 28 nouveaux trains destinés aux lignes Intercités Paris-Toulouse et Paris-Clermont, pour un coût d’environ 700 millions d’euros. « L’offre de CAF s’est avérée être la meilleure sur les critères de performance technique, d’innovation et de coût », s’est justifiée la SNCF dans un communiqué. Une décision qui pourrait mettre en grande difficulté le site d’Alstom de Reichshoffen, en Alsace, spécialisé dans la construction de trains régionaux.

Un site qui emploie 1200 personnes

« Ils n’ont jamais construit de train qui roule à 200 km/h, les bâtiments pour l’assembler n’existent même pas. Tout est à faire. Alors que sur le site d’Alstom de Reichshoffen nous avons tout : les compétences, la main-d’œuvre, la chaîne d’assemblage », s’emporte Hervé Fillhardt, délégué syndical FO sur le site d’Alstom de Reichshoffen dans le Bas-Rhin. Selon le syndicaliste, d’avril 2021 jusqu’à fin 2022, la cadence de production devrait être divisée par deux. « Et à partir de 2023, on attendait le marché des Intercités qui devait nous assurer 60 % de l’activité pour rebondir », regrette Hervé Fillhardt.

Le site bas-rhinois de Reichsoffen emploie 1200 personnes dont 780 en CDI, en plus de 300 prestataires et une centaine d’intérimaires. Mais la SCNF précise dans son communiqué que cette commande pourrait malgré tout créer de l’emploi en France. Ces nouvelles rames seraient construites sur deux sites du constructeur CAF, dont l’un se trouve à Bagnères-de-Bigorre dans les Hautes-Pyrénées.