Les salariés d’EDF en grève pour défendre leur modèle intégré

Les salariés manifestent aujourd’hui contre le projet de réorganisation de l’entreprise. Une révolution potentielle chez EDF, attaché à son modèle intégré, en place depuis 1946. 

 

Nouveau coup dur pour EDF. Les salariés du fournisseur d’électricité sont appelés aujourd’hui à manifester contre le projet “Hercule” de réorganisation de l’entreprise. Grève massive et baisse de production, l’intersyndicale  (CGT, CFDT, FO et CGC-CFE) a prévu le rassemblement à Paris, devant le ministère de la Transition écologique.

Une grogne salariale provoquée par le projet de scission de l’entreprise. D’origine parlementaire, il prévoit d’un côté un “EDF bleu”, comprenant le nucléaire, les barrages hydroélectriques et le transport de l’electricité et de l’autre un EDF “vert” avec Enedis, EDF Renouvelables, Dalkia, la direction du commerce, les activités d’outre-mer de la Corse.

Cette division impliquerait que l’Etat détienne à 100% le nucléaire alors que la branche verte serait introduite à hauteur de 35% en bourse. Une option qui représenterait une révolution chez Electricité de France, très attaché à son modèle intégré. 

D’après les syndicats, ce modèle mis en place en 1946 a “fait ses preuves”. “On privatise les gains et on nationalise les pertes” résumait Hervé Desbrosses (CFE-CGC) lors d’une conférence de presse unitaire du Comité central d’entreprise, le 11 septembre. Pour les partenaires sociaux, isoler le nucléaire représente un risque industriel car l’atome pourrait être considéré comme un secteur d’arrière-garde, privé de compétences humaines et financières. 

Pour l’instant, le gouvernement reste prudent. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a d’ailleurs affirmé mardi, à l’Assemblée lors de la séance des questions au gouvernement, “qu’aucune décision n’avait été prise”.“Nous garantissons l’intégrité d’EDF et nous ferons en sorte qu’il reste le fleuron industriel qu’il est” a t‑il insisté, rappelant que l’entreprise doit réussir sa transition écologique. 

De son côté, la direction d’EDF met en avant les besoins d’investissement dans le nucléaire et les renouvelables et le poids d’une dette de 33 milliards. Le projet de scission fait l’objet d’un examen approfondi de la part de l’état-major de l’électricien. Le patron de l’entreprise, Jean Bernard Lévy, a annoncé qu’il rendrait ses conclusions avant la fin de l’année. Sous l’oeil vigilant des syndicats.