Notre‐Dame de Paris, une résurrection par étapes

Six mois après le terrible incendie qui a ravagé Notre-Dame, les équipes du Diocèse de Paris tenaient ce mardi une conférence de presse pour dresser un état des lieux. Visiteurs et croyants vont pouvoir redécouvrir la splendeur de la cathédrale par étapes.

Face à la lourdeur des processus administratifs et sécuritaires, les travaux avancent moins vite que prévu à Notre‐Dame de Paris. Mais visiteurs et touristes ne devront pas attendre leur fin pour profiter de la splendeur de l’édifice. « Nous voulons faire vivre cette cathédrale. Nous n’allons pas laisser les touristes et les fidèles derrière des pendant 5 ans », a insisté Monseigneur Patrick Chauvet, recteur de Notre‐Dame, au cours d’une conférence de presse tenue symboliquement six mois après l’incendie qui a ravagé l’édifice.

Redonner vie au parvis

20 millions de personnes se rendaient sur le parvis chaque année, dont 13 millions pénétraient dans la cathédrale, ce qui en faisait le monument le plus visité de Paris. Monseigneur Chauvet, recteur de Notre‐Dame, a rappelé sa volonté que le parvis, toujours fermé en raison d’un risque de contamination au plomb, rouvre « le plus vite possible », afin d’y installer un lieu de culte provisoire. Cela permettra aux touristes et croyants qui se pressent aux alentours de Notre‐Dame sans pouvoir s’approcher, de voir la façade, qui a failli disparaître, de déambuler et de se recueillir. « L’idée a beaucoup plu aux autorités, on n’attend plus que le feu vert » précise le recteur. « On y présentera la Vierge à l’enfant » ajoute Monseigneur Benoist de Sinéty, vicaire général du diocèse de Paris. Pour ajouter de la vie au site, la façade pourrait être éclairée de nuit, mais ce n’a pas encore été discuté avec les autorités. Une opération à destination des enfants, « Dessine‐moi Notre‐Dame », verra les plus beaux imprimés en grand et collés sur les bâches autour du chantier, au moment du premier anniversaire de l’incendie, le 15 avril.

Le parvis de la cathédrale Notre‐Dame est pour l’heure toujours fermé au public.

Des messes une fois l’édifice sécurisé

Quant aux travaux, ils sont toujours dans leur première phase, dite de sécurisation, qui devrait s’achever au printemps 2020. « C’est un travail délicat, précise Mgr Chauvet. Des ceintures en bois ont été posées sous chaque arcs‐boutants, ainsi qu’un plafond en bois pour soutenir la structure. Désormais, il s’agit de construire un échafaudage par‐dessus l’échafaudage endommagé pour pouvoir le découper. « Découper et non démonter car il a fondu. C’est urgent, car il menace toujours de s’effondrer. La cathédrale n’est pas encore totalement sauvée » explique le recteur. C’est aussi ce qu’avait expliqué l’architecte de la cathédrale, Philippe Villeneuve. La phase de restauration à proprement dite ne commencera qu’en 2021, après un état des lieux général. À cette date, des célébrations pourront de nouveau être célébrées dans la cathédrale, « progressivement », explique Mgr de Sinety, qui rappelle que les messes n’avaient pas cessées lors des travaux sous Viollet‐le‐Duc.

L’échafaudage mis en place pour la rénovation de la flèche menace toujours de s’effondrer et doit être démonté.

Après les travaux, une visite repensée

Une fois les travaux achevés, les visiteurs auront accès à une expérience de visite repensée. « Nous réfléchissons à l’avenir liturgique et culturel de notre cathédrale : on a une liberté que personne n’a eue depuis Viollet‐le‐Duc, explique le Père Gilles Drouin, délégué de l’archevêché pour l’aménagement de la cathédrale. On compte la mettre à profit pour penser la cathédrale pour le siècle qui vient ». Il s’agit d’améliorer la déambulation dans l’Édifice, après avoir fait « un bilan de ce qui pouvait être amélioré ». Mais aussi d’adapter la visite aux évolutions du tourisme à l’heure de la mondialisation : « Nos visiteurs sont de plus en plus asiatiques, sans culture chrétienne. Nous réfléchissons à la meilleure manière de leur dire ce qu’est une cathédrale ». Et de mieux exposer certaines œuvres, qui comptent pour d’autres religions, comme la couronne d’épines : « Le jour de l’incendie, la première chose que nous ont demandée certains responsables de culte, c’est si la couronne d’épine avait été sauvée, ça leur importait presque plus que le bâtiment. On avait sous‐estimé cela et on compte mieux l’exposer » se rappelle le délégué de l’archevêché pour l’aménagement de la cathédrale.