Brexit : deal ou no‐deal? Une semaine en plein brouillard

À la veille du sommet européen décisif pour le Brexit, les ministres et responsables européens se livrent à un festival de commentaires sans fond. 

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C’est un chemin ! C’est un élan ! C’est une impasse ! Que dis‐je c’est une montagne ! Les commentaires tous plus flous les uns que les autres et plus ou moins contradictoires s’accumulent ces derniers jours sur les négociations du Brexit, à la veille d’un sommet européen crucial à Bruxelles, théoriquement le dernier avant le divorce programmé le 31 octobre.

Si l’accord n’est pas encore trouvé, les négociateurs semblent s’être mis d’accord sur un point : « Moins on en dit, mieux c’est », comme l’avait déclaré le Premier ministre irlandais Leo Varadkar la semaine dernière. Les commentaires officiels sont chaque jour plus abstraits, offrant à chacun une excuse pour ne plus rien comprendre au sujet du Brexit.

On rembobine une semaine de langue de bois.

  • Très difficile, mais possible: « Je pense qu’un accord est possible, très difficile, mais possible », a prévenu mercredi Michel Bernier, le négociateur en chef de l’Union européenne pour le Brexit à la chaîne britannique Sky News à la veille d’une rencontre avec le ministre britannique du Brexit Steve Barclay.

 

  • Un chemin étroit: « Il y a le scénario qui est d’un chemin étroit, qui est encore possible, que nous souhaitons depuis trois ans, qui est de faire les choses de manière ordonnée et donc que nous trouvions un accord », a espéré tout haut la secrétaire d’État française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, vendredi sur France Inter.

 

  • Une montagne: « C’est comme gravir une montagne. Nous avons besoin de détermination, de vigilance et de patience », a confié Michel Barnier, le 11 octobre, après un petit‐déjeuner de deux heures avec Stephen Barclay, le ministre britannique pour le Brexit.

 

  • Possible, possible : « Un accord est possible et c’est possible ce mois‐ci. C’est peut‐être même possible cette semaine, mais nous n’y sommes pas encore », a estimé le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney, au Luxembourg lundi 14 octobre.

 

  • La priorité: « La priorité de mon gouvernement a toujours été d’assurer une sortie du Royaume‐Uni de l’Union européenne le 31 octobre. Mon gouvernement prévoit de travailler à la mise en place d’un nouveau partenariat avec l’Union européenne sur la base du libre‐échange et d’une coopération amicale », a lu la reine Elizabeth II, se faisant la porte‐parole du gouvernement britannique sous les ors de la chambre des Lords, le 14 octobre.

 

  • L’élan: La présidence française a salué « un élan positif » dans les négociations entre Londres et l’Union Européenne, mardi 15 octobre, après un entretien entre le Président Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Johnson.

 

  • Plus c’est long, plus c’est bon: « Les discussions qui ont lieu actuellement apparaissent durer, donc si cela dure, c’est plutôt positif », a jugé mercredi 16 octobre le ministre français des Affaires étrangères Jean‐Yves le Drian.

 

  • Des problèmes à régler: « Je suis convaincu que toutes les parties veulent sérieusement arriver à un accord d’ici à la fin du mois (…) Il y a un chemin vers un possible accord, mais il reste de nombreux problèmes à régler », a commenté le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, devant la presse à Dublin, mercredi 16 octobre.

 

  • La clarté au bout du tunnel: « Les bases d’un accord sont prêtes et, en théorie, demain nous pourrions approuver cet accord avec la Grande‐Bretagne (…) En théorie, d’ici sept à huit heures, tout devrait être clair », a promis mercredi après‐midi Donald Tusk, le président du Conseil européen.

Chiche?