Syrie : Erdogan ne plie pas, malgré la pression

L’offensive turc dans le nord de la Syrie n’est pas près de s’arrêter, a annoncé le président Recep Tayyip Erdogan, alors que dans la pression internationale s’organise.

Recep Tayyip Erdogan n’en démord pas : il ne proclamera pas de cessez‐le‐feu tant qu’il n’atteindra pas son objectif dans le nord de la Syrie.  Depuis une semaine, le leader turc a engagé ses troupes dans cette région pour neutraliser une milice kurde considérée comme terroriste par Ankara.  S’il a pu lancer cette opération à la faveur d’un retrait des forces spéciales américaines, il n’en demeure pas moins sous pression de Wahington, mais aussi de Moscou.

Officiellement, l’armée turque veut créer une zone de tampon pour bloquer l’expansion du territoire en possession des Kurdes. Depuis le début de l’opération “Source de paix”, le bilan provisoire fait état de 150 morts, dont une cinquantaine de civils, et fait déplacer plus de 130 000 personnes.

Washington ne cesse d’exhorter Ankara d’accepter le cessez‐le‐feu dans le nord‐est de la Syrie. Mais devant l’obstination d’Erdogan à continuer l’opération, l’administration a sévi avec le gel des avoirs et le blocage des transactions en dollar de trois ministres. Il est aussi question de taxer l’acier turc. Tayyip Erdogan a toutefois déclaré que les sanctions américaines ne l’inquiétaient pas. Il pourra en discuter très vite avec un membre de l’administration américaine : Mike Pence, le vice‐président des États‐Unis. Coup dur pour celui qui affirmait ne vouloir s’entretenir qu’avec Donald Trump.

Coup de pression russe

Pressé par Washington, Erdogan n’a pas vraiment carte blanche non plus du côté de Moscou. Vladimir Poutine le pousse en effet à se réconcilier avec Al‐Assad, allié russe. Pour ce faire, le Kremlin s’appuie sur un accord russo‐turc qui donne le droit à la Turquie d’intervenir pour bloquer l’avancée du Parti des travailleurs du Kurdistan, à condition qu’Ankara reconnaisse la légitimité du régime d’Al-Assad.

Une position d’autant plus déplaisante pour le pouvoir turc que les combattants kurdes ont d’ores et déjà sollicité le soutien du régime syrien. L’armée turque marche donc sur des œufs pour ne pas subir le retour de flammes russe, principal acteur des lignes de partage dans la région. Erdogan, qui a tout intérêt à ne pas laisser ce conflit s’enliser, a d’ailleurs appelé ce mercredi les forces kurdes à se désarmer et à se retirer du nord‐est de la Syrie.