Les opérateurs de trottinettes électriques face à la crainte des utilisateurs

Présents au salon Autonomy, les entreprises de partage de trottinettes électriques tentent de répondre aux inquiétudes des utilisateurs concernant leur sécurité. 

La moitié des français estiment que les trottinettes électriques sont dangereuses. C’est ce que révèle une enquête du Smart Mobility Lab dont les résultats sont parus dans Le Parisien, parue ce mercredi.  Dans un contexte tendu où la mairie de Paris s’apprête à choisir trois opérateurs, ces derniers profitent du salon Autonomy, à Paris, pour tenter de rassurer le grand public. 

« La sécurité se garantit en premier lieu par l’amélioration des produits », estime d’emblée un cadre de Lime, leader du secteur, qui préfère curieusement rester anonyme. C’est pour cela que l’entreprise, arrivée en juin 2018 en France, a déjà mis à jour son modèle de trottinette à douze reprises. « Aujourd’hui les roues sont plus grosses, la batterie est sous le plateau pour plus de stabilité, le produit est plus solide », rajoute-t-il. Même son de cloche chez Dott, son concurrent français : « notre premier modèle était déjà adapté à la ville et aux pavés parisiens », explique Andrea Fernandez, chargée des réseaux sociaux. 

Mieux vaut prévenir que guérir

Les deux entreprises prennent aussi le parti de la prévention. Lime a lancé sa campagne de sensibilisation #TrottinonsResponsables. Distribution de casques gratuits et conseils aux usagers sont aux programmes de ces séances organisées en accord avec les mairies parisiennes. En parallèle, l’Académie Lime propose chaque semaine des séances de formation d’une heure pour former les nouveaux utilisateurs aux bonnes pratiques de conduite. De son côté, Dott mise sur un message de prévention à l’ouverture de l’application… qui n’apparaît cependant qu’à la première utilisation. « Pour le moment Dott n’organise pas de cours, confesse Andrea Fernandez. Mais nous faisons de la sensibilisation sur les salons. Un projet de campagne est également en cours ». Lime regrette cependant le manque de pistes cyclables et d’infrastructures adaptées, pour éviter les accidents.. 

« A ma connaissance il n’y a eu que quatre accidents mortels à Paris, soit autant que pour les vélos rien qu’en février dernier », rappelle toutefois le représentant de la firme américaine. Une étude de l’Observatoire National Interministériel (ONIM) devrait bientôt quantifier de manière précise le nombre d’accidents. Concernant l problématique des assurances, longtemps occultée, Andrea Fernandez précise que « Dott inclut une assurance individuelle de responsabilité civile à chaque utilisateur, comprise dans le prix de la course ». 

Tous ces efforts, la représentante de Dott l’assure, «sont dans l’intérêt des utilisateurs et pour leur sécurité». Et «pas pour séduire la mairie », qui s’apprête à sélectionner trois opérateurs avec qui elle travaillera de concert pour réguler l’affluence de ce moyen de transport dans la capitale.