Elections municipales à Paris : l’écologiste David Belliard en quête d’un « Paris moins cher »

Le candidat d’Europe Écologie les Verts (EELV) à la mairie de Paris, David Belliard, a présenté mardi 22 octobre les grandes lignes de son plan pour faire de la capitale « une ville moins chère ».

Léa Vasa, adjointe à la maire du Xe, David Belliard, président du groupe écologiste au Conseil de Paris et Fatoumata Koné, vice-présidente du groupe écologiste au Conseil de Paris, ce matin au Café l’Étincelle à Paris (IVe).

À deux pas de l’Hôtel de Ville tant convoité, David Belliard dessine les premières lignes de son « plan pour un Paris moins cher ». Lors d’un point presse mardi 22 octobre au Café l’Étincelle (IVe arrondissement) en présence d’une dizaine de journalistes, le candidat écologiste pour les municipales était accompagné des deux jeunes têtes de liste des Xe et XIXe arrondissements : Léa Vasa et Fatoumata Koné. Ensemble, ils entendent faire baisser les dépenses quotidiennes et repenser la ville de Paris par la gratuité.

Première mesure annoncée, et pas des moindres : le blocage des loyers pour cinq ans. D’un air pédagogue, David Belliard s’explique : « Cela consiste à figer les loyers pour les nouveaux appartements, mais aussi pour ceux qui existent déjà. On dit stop à la spéculation financière. » Suivant le modèle de Berlin, un tel blocage est bien différent du simple encadrement des loyers mis en place par Cécile Duflot, ancienne ministre du Logement. « Il faut aller plus loin que cela. On fixe un blocage à un instant T et point barre ! », martèle avec assurance le candidat.

Dans un contexte d’augmentation des loyers de 50 % en dix ans et d’un prix moyen au mètre carré dépassant les 10 000 euros, il s’agit de rendre Paris plus accessible. Autre point au programme concernant l’habitation : 5 000 nouveaux logements à moitié prix du marché libre pour la classe moyenne, en donnant les moyens nécessaires à l’Organisme de Foncier Solidaire (OFS). Les logements étudiants sont également une priorité pour David Belliard, assure-t-il. Ils seront en augmentation de 20 000 (la moitié dans Paris intra-muros et l’autre moitié en métropole) et seront étendus aux jeunes travailleurs.

« Paris n’est pas en compétition »

Le plan présenté ce matin est le premier d’une série de quatre, qui seront annoncés ces prochaines semaines. Ils porteront successivement sur les questions du quotidien (la sécurité, la propreté et la tranquillité publique), la voiture et la nature. Quand une journaliste l’interpelle sur la question écologique au dernier plan, le candidat réplique : « Ce n’est pas le cas puisque tout est lié. Ce qui relève du pouvoir d’achat, c’est le pouvoir de vivre. »

S’il choisit de parler du coût de la vie en premier, « c’est parce que c’est la réalité vécue des Parisiens ». Selon lui, la ville de Paris est dans une « logique d’attractivité économique et est devenue un espace de spéculation ». Or, pour lutter contre le dérèglement climatique, « il faut penser une ville résiliente, qui n’est pas en compétition avec New York ou Amiens ».

Autre point marquant de son programme : les aides financières pour le quotidien des Parisiens. Par exemple, les trois premiers m³ d’eau utilisés par personne seront rendus gratuits, tandis que la rénovation énergétique des copropriétés sera soutenue financièrement. Concernant l’alimentation, le parti écologiste souhaite créer une chaîne de supermarchés municipaux bio et à prix abordables, « comme ce qui existe déjà dans le XVIIIe avec La Louve », souligne Fatoumata Koné.

« Une ville zéro-déchet »

La jeune vice-présidente du groupe écologiste au Conseil de Paris annonce également « soutenir une économie qui donne une seconde vie aux objets » à travers le déploiement de ressourceries. Enfin, le groupe écologiste affirme son soutien aux familles, en élargissant les horaires des crèches municipales le matin et le soir sans surcoût, et en organisant des gardes d’enfants gratuites dans les ludothèques et les jardins le week-end.

Enfin l’autre cheval de bataille des écologistes est la « réorganisation de la ville ». Et cela passe par la gratuité. « Les transports en commun seront gratuits pour tous les Parisiens de moins de 26 ans », assure David Belliard qui chiffre cette mesure aux alentours de 80 millions d’euros. Sur Twitter, Alexandre Viscontini, président de l’association du jardin partagé Truillot, a réagi favorablement à cette annonce : « Oui pour la gratuité des transports en commun pour les moins de 26 ans, sans même faire l’avance des frais (le remboursement a posteriori favorise le non-recours) ».