Castaner alerte sur de possibles «vengeances» en France après la mort d’al-Baghdadi

Le ministre de l’Intérieur estime que la disparition du dirigeant de Daech risque d’entraîner une «intensification de la propagande djihadiste».

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a alerté, dans une note de service diffusée dimanche 27 octobre, sur de «possibles vengeances» consécutives à la mort d’Abou Bakr al‐Baghdadi, le dirigeant de l’organisation État islamique (Daech). «Dans les heures à venir, la possible intensification de la propagande djihadiste consécutive à ce décès […] doit vous conduire à la plus extrême vigilance», écrit le ministre à dans cette note aux préfets et responsables des services de sécurité. Celle‐ci a été publiée quelques heures après l’annonce par Donald Trump de la mort du leader terroriste, tué lors d’une opération des forces américaines dans le nord‐ouest de la Syrie.

Crédit @wikicommun

Les réactions se sont multipliées après la mort de l’homme considéré comme responsable de nombreuses exactions en Irak et en Syrie ainsi que de plusieurs attentats en Europe. Les chefs d’État européens refusent tout triomphalisme et mettent en garde contre les conséquences de la mort du «calife». Emmanuel Macron a salué sur Twitter «un coup dur porté contre Daech», tout en rappelant qu’il ne s’agissait «que d’une étape». «La bataille contre le fléau de Daech n’est pas encore terminée», a déclaré sur le même réseau social le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Sur France 2, François Hollande s’est félicité, lundi matin, de cette «victoire pour l’ensemble de la coalition qui a mené la guerre contre Daech». L’ancien président de la République a en revanche regretté la tonalité du discours de Donald Trump, qui a affirmé que al‐Baghdadi «est mort comme un lâche […] en gémissant, en pleurant et en criant », comme dans «un film»: «C’est la méthode Trump, un discours pas contrôlé, où c’est l’instinct qui parle plus que l’intelligence, qui attise la haine plutôt qu’il consacre la victoire contre le terrorisme, a estimé l’ancien président de la République. […] Ce n’est pas un film!»

Le président russe Vladimir Poutine a estimé que la mort d’Al-Baghdadi “si elle venait à être confirmée” serait une “contribution sérieuse” des États‐Unis à la lutte contre le terrorisme.

Emilie Spertino, édité par Antoine Beau