Couvre feu nocturne à Bagdad

La population est dans la rue pour exiger la fin du régime. Ce mouvement spontané et inédit agite le pays depuis le 1er octobre.

La jeunesse envahit les rues des villes pour réclamer “la chute du régime“
Crédit @Twitter/Lalibre.be

L’armée irakienne a décrété lundi 28 octobre un couvre-feu de minuit à six heures du matin à Bagdad, alors que des milliers d’étudiants et d’écoliers sont venus grossir les rangs de la contestation. Les manifestants occupent depuis jeudi soir la place Tahrir pour réclamer “la chute du régime”

Pourquoi la population manifeste-t-elle ?

Les manifestants protestent contre la corruption généralisée en Irak et le chômage qui touche 40% des jeunes, selon le FMI. Le pays manque également de services publics depuis le renversement de Saddam Hussein lors de l’invasion américaine en 2003. Tous estiment que le système instauré depuis sa chute du dictateur Saddam est arrivé à bout de souffle. Les manifestants veulent une nouvelle Constitution, pour remplacer celle votée en 2005 sous supervision américaine.

Cette annonce est-elle susceptible d’entrainer des formes de rébellion ?

L’annonce du couvre-feu fait redouter un regain des tensions. Les autorités craignent une dispersion dans la nuit de la place Tahrir, épicentre de la contestation désormais occupée jour et nuit.

Quel est le bilan depuis le début du mouvement ?

Cinq manifestants ont déjà été tués ce lundi, de source officielle. Des vidéos mises en ligne aujourd’hui ont montré plusieurs manifestants, le crâne perforé et le visage défiguré par des grenades métalliques tirées par les forces de sécurité. Au total, 239 personnes ont été tuées et plus de 8.000 blessées sont recensés.

Célia Sommer