Remise en liberté de Patrick Balkany : « J’ai des effusions de bonheur »

Devant la chambre de la cour d’appel de Paris, où la première des deux demandes de mise en liberté du maire de Levallois-Perret a été acceptée, certains badauds exultaient.

Devant la grande porte en bois de la chambre 512 de la cour d’appel de Paris, vêtue d’un t‑shirt bleu «I love Patrick Balkany !», Madeleine s’anime devant les médias présents. «Je n’ai pas les mots, je suis si contente !», lance-t-elle. Patrick Balkany vient de voir, lundi 28 octobre, la première de ses deux demandes de remise en liberté acceptée, sous caution de 500 000 euros. Les avocats du maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) avaient déposé cette demande mi-septembre, après sa condamnation à quatre ans de prison ferme pour fraude fiscale. «J’ai des effusions de bonheur, décrit Madeleine. Je suis sortie de chez moi spécialement pour voir le verdict. Je suis le procès depuis le début, et je lui ai même envoyé des mots doux !» Patrick Balkany ne lui a pourtant pas répondu. «Place maintenant à la deuxième étape», finit-elle par sourire.

Car l’élu de 71 ans reste incarcéré à la prison de la Santé. La justice doit toujours statuer sur une deuxième demande de mise en liberté, déposée après sa seconde condamnation à cinq ans d’emprisonnement pour blanchiment aggravé, le 18 octobre dernier.

« On est choqués »

Devant la porte dorée de la cour d’appel, Janine est tout sourire. Elle vient d’écouter le verdict du tribunal favorable à Patrick Balkany. «C’est un homme malade qui souffre énormément, alors c’est normal de le remettre en liberté, souffle-t-elle avec son rouge à lèvre fuchsia. Il a de l’argent, alors autant qu’il paye pour être libéré. Je suis l’un de ses soutiens, surtout quand je vois sa belle ville.»

En entendant la femme parler à côté du grand bâtiment blanc, une famille semble consternée : «On est choqués, tient à faire savoir le mari, sourcils froncés. D’autant qu’il va sans doute pouvoir se présenter aux élections municipales (ndlr : le maire de Levallois-Perret a fait appel de ses condamnations, et reste donc éligible dans l’attente d’un nouveau verdict)». A côté de lui, sa femme, écharpe rose au cou, s’emporte : «Ça fait des années qu’il gruge ! C’est terrible de voir qu’il s’en sort aussi facilement. Il y a une justice à deux vitesses».

Dans la grande cour du tribunal, Louis, qui n’a pas pu assister au verdict, est lui aussi stupéfait. «Je suis carrément choqué. C’était censé être un exemple pour tous les fraudeurs, grimace-t-il devant sa copine, qui, elle, ne connaît pas Patrick Balkany. Le fait qu’il soit libéré remet en cause la justice, qui est laxiste. L’argent, encore une fois, permet de résoudre beaucoup de choses».

Samuel Hamon