Attaque à la mosquée de Bayonne : ce que l’on sait après la prise de parole du procureur de la République

En garde à vue, le suspect de l’attaque de la mosquée de Bayonne, ex‐candidat Front national, a avoué les faits. Le procureur de la République à Bayonne s’est exprimé mardi après‐midi pour clarifier l’affaire.

Les faits

Lundi 28 octobre, à 15 h 20, un homme tente d’incendier la porte de la mosquée de Bayonne. Deux hommes de 74 et 78 ans tentent de l’en empêcher, alors que l’un est assis sur une chaise à l’extérieur de la mosquée et l’autre dans son véhicule. Il leur tire alors dessus, puis incendie un véhicule. 

Il est interpellé une heure plus tard à son domicile à Saint‐Martin de Seignanx, dans les Landes.

Le suspect

Claude Sinké, retraité de l’éducation nationale de 84 ans, a avoué les faits et est actuellement en garde à vue. Il a justifié son acte par «la volonté de venger la destruction de la cathédrale Notre‐Dame de Paris», qui aurait été provoqué, selon lui, par «des membres de la communauté musulmane».

Vendredi dernier, il avait adressé une lettre à l’ordre des avocats de Bayonne et au procureur de Dax pour porter plainte contre le président Emmanuel Macron, notamment pour «non‐application des droits de l’Homme», selon le procureur de Dax.

L’homme était «connu sur la commune et fui pour ses excès verbaux», a déclaré à l’AFP Mike Bresson, adjoint à la mairie du village landais. «Il donnait l’apparence de quelqu’un de psychologiquement perturbé», a‐t‐il ajouté. Mardi après‐midi, le procureur de la République a confirmé que «son audition interroge sur son état de santé psychique, de sorte qu’il est actuellement présenté à un médecin psychiatre, afin d’être éclairé sur sa responsabilité pénale».

Il s’était aussi présenté en 2015 aux élections départementales sous l’étiquette Front national. Selon le parti, «à l’issue du scrutin, [il] a été écarté de sa fédération départementale […] pour avoir tenu des propos jugés contraires à l’esprit et à la ligne politique du Rassemblement national».

L’état des blessés

Deux hommes de 74 et 78 ans sont gravement blessés. L’un a été touché au cou, l’autre au thorax. Une source proche de l’enquête a assuré à France Télévisions que le premier était «dans un état réservé avec paralysies partielles probables de ses membres» et le second «blessé au bras avec blast sur la cage thoracique» ; il est dans un état stationnaire, mais reste sous surveillance.

Les réactions

Emmanuel Macron a déclaré sur Twitter «condamner avec fermeté» cette attaque.

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a tenu à rappeler que son parti ne partageait pas ces valeurs.