Infographie: Les syndicats urgentistes n’attendent plus rien du gouvernement

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2020 est voté aujourd’hui par les députés. Les syndicats d’urgentistes se sont réunis ce matin pour organiser la suite de la contestation. 

Les porte-paroles des syndicats d’urgentistes sont habités d’une colère froide. «Cet hiver, il y aura des morts à cause du manque de moyens des hôpitaux. Et j’incite les familles à porter plainte contre l’État si cela arrive. On les y aidera», déclare Christophe Prudhomme, porte-parole de l’AMUF (Association des médecins urgentistes de France).

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2020 est voté aujourd’hui par les députés. Patrick Pelloux, président de l’AMUF, ne se fait pas d’illusion sur l’issue du vote et énonce, d’une voix lasse, avoir été exclu de toutes les réunions de travail au ministère. « Je suis très déçu par le ministère de la Santé. Je n’ai pas l’impression qu’ils aient compris quoi que ce soit à cette crise majeure», ajoute-t-il.

Les syndicats sont fatigués de cette grève qui a commencé il y a sept mois, à l’hôpital Saint-Antoine à Paris. Faute de pouvoir paralyser les services en refusant les patients, les urgentistes font de la résistance au sein même des hôpitaux. Ils portent des brassards ou bien refusent de facturer les soins auprès de la Sécurité sociale. Le seul moyen d’être entendu par le gouvernement selon Christophe Prudhomme.

Les délégués syndicaux n’ont pas de mots assez durs pour qualifier le « mépris scandaleux » dont fait preuve le gouvernement à leur égard. «Agnès Buzyn ment quand elle dit avoir rencontré les syndicats, abonde le porte-parole de l’AMUF. Elle ne discute qu’avec ceux qui sont déjà d’accord. Nous n’attendons plus rien d’elle». Preuve de ce dialogue de sourds, le collectif Inter-Urgences vient d’apprendre qu’il ne sera pas reçu par le ministère de la Santé en marge de la manifestation du 14 novembre : «La ministre n’a jamais voulu nous recevoir depuis le début de ce mouvement»,s’énerve son porte-parole.

Ce sont 30 000 patients supplémentaires qui sont pris en charge par les urgences chaque année alors que les hôpitaux publics doivent encore réaliser 800 millions d’euros d’économie. Impossible pour les urgentistes qui craignent que la situation n’empire au fil des ans. L’ensemble des syndicats appellent les personnels hospitaliers à une grève nationale le 14 novembre. La manifestation culminera devant le ministère de l’Action et des comptes publics, à Bercy.

Article: Emilie Spertino

Infographie: Léa Martin