Les patients pauvres discriminés par un cabinet médical sur dix

Une étude publiée par le défenseur des droits dénonce ce mardi une discrimination envers les patients pauvres dans les cabinets de gynécologie, de dentiste et de psychiatrie.

«Une forte discrimination» pour les patients pauvres bénéficiant d’une aide à la couverture santé. C’est ce que dénonce une étude publiée mardi par le Défenseur des droits. Selon l’analyse, les patients bénéficiant de la couverture maladie universelle (CMU‑C) ou de l’aide à la complémentaire santé (ACS) seraient discriminés par un cabinet sur dix.

Une étude basée sur 1500 cabinets

Pour mesurer ces différences de traitement dans l’accès au soin, l’étude du cabinet s’appuie sur «un testing téléphonique» chez 1500 cabinets «représentatif au niveau national». Conduit entre février et mai chez des cabinets de gynécologues, chirurgiens-dentistes et psychiatres, l’étude a simulé une prise de rendez-vous par trois patientes fictives : «une patiente de référence, une patiente d’origine africaine, et une patiente indiquant bénéficier, une fois sur deux, de la CMUC‑C ou de l’ACS».

Les résultats sont probants : la patiente de référence obtient un rendez-vous avec succès dans 70 % des cas, contre seulement 58 % pour la personne bénéficiaire d’une aide. 12 % des cabinets contactés refusent ainsi de recevoir cette dernière. Dans plus d’un tiers des cas, les professionnels concernés déclarent refuser les bénéficiaires de ces aides, lorsque les autres invoquent un manque de place ou une méconnaissance de la prestation. Ces refus sont plus fréquents chez les professionnels aux tarifs libres, les dépassements d’honoraires ne pouvant être facturés aux bénéficiaires des aides médicales. Les bénéficiaires de la CMU‑C et l’ACS concernent près de 7 millions de personnes.