Benoît Paire : un mental qui ne rassure pas

Alors qu’il semblait avoir retrouvé une force mentale depuis le début du Tournoi de tennis de Paris‐Bercy, le tennisman Benoît Paire s’est fait battre mercredi 30 octobre par Gaël Monfils (6–4, 7–6), en montrant des signes de fragilité.

Son cri du coeur en plein match début octobre avait été un craquage de plus. Alors à Shanghai, en pleine tournée asiatique, Benoît Paire s’effondrait : «J’ai envie de rentrer chez moi ! Libérez‐moi ! J’en peux plus d’être ici !» Le 23e français au classement ATP sortait d’un début de saison canon, avec des titres à Marrakech et à Lyon, ainsi qu’un huitième de finale à Roland Garros. Mais fragile mentalement depuis toujours, l’Avignonnais retombait dans ses travers, avant de mettre un terme à une tournée de trois semaines catastrophiques, marquée par la maladie et l’insomnie.

La scène était presque effacée. La plaie presque rebouchée. Qualifié de manière inespérée pour les 16e de finale du Masters 1000 de Paris Bercy, Benoît Paire semblait revivre. Mais il s’est fait éliminer mercredi 30 octobre par Gaël Monfils (6–4, 7–6), 13e et meilleur Français au classement. Habitué des craquages depuis le début de sa carrière (et de dizaine de raquettes cassées en plein match), ses sautes d’humeur lui ont de nouveau joué des tours, alors qu’il avait démarré la partie tout en sérénité.

« Ce n’est pas toujours simple d’être sur un court »

La première saillie est arrivée alors qu’il était mené un set à zéro. Après une balle propulsée dans le filet, sa raquette avait failli valser. Paire commençait alors à marmonner dans sa barbe, à vociférer auprès de l’arbitre, et à taper sa raquette contre ses chaussures.

Il semblait ensuite perdre le fil du match, jusqu’à tenter un smash de fanfaron à 4–3 dans le deuxième set, faisait même réagir Monfils, tout sourire auprès de l’entraîneur de son adversaire.

Après avoir frappé plusieurs fois la balle de façon acrobatique, Benoît Paire laissait filer le match dans le jeu décisif : il terminait sur une vingt‐septième faute directe. Gaël Monfils, lui, n’en a commis que onze.

« J’ai la sensation d’avoir pu faire mieux, décrivait Benoît Paire en conférence de presse. J’ai loupé des balles quand il ne fallait pas. C’est la deuxième meilleure saison de ma carrière, mais il ne faut pas oublier que ce n’est pas toujours simple d’être sur un court de tennis.»

En sortant du terrain de Bercy, Benoît Paire a tout de même réussi à communier avec un public qui l’a souvent sifflé. « J’aurais tout de même voulu plus m’enflammer avec », finissait par sourire Paire.

Samuel Hamon