Prison ferme confirmée pour deux sœurs qui détournaient de l’argent pour l’Etat islamique

La cour d’appel de Paris a alourdi les peines, prononcées en janvier 2019, contre Anissa et Assia Tahar Aouidate. Elles sont accusées d’avoir envoyé plusieurs milliers d’euros d’aides sociales à leurs proches, partis rejoindre l’EI en Syrie.

C’est par téléphone que les accusées ont appris qu’un mandat d’arrêt venait d’être émis à leur encontre. La cour d’appel de Paris a confirmé, mercredi 30 octobre, les condamnations à des peines de six et quatre ans de prison ferme d’Anissa et d’Assia Tahar Aouidate. Les deux sœurs ont été reconnues coupables d’association de malfaiteurs et de financement d’une entreprise terroriste pour des faits commis en 2013 et 2015. Les juges ont opté pour la peine la plus lourde possible, une première en France pour un tel procès.

«C’est une peine inédite et complètement inopportune», a expliqué Me Joseph Hazan, un de leurs avocats. Pour l’autre avocat des soeurs Tahar Aouidate, Me Nabil Boudi, «pour qu’une peine soit efficace, il faut qu’elle soit comprise. Là on ne comprend pas très bien cette décision. On n’est plus du tout dans l’individualisation des peines». Les deux avocats ont affirmé vouloir porter le cas des soeurs Aouidate devant la cour de cassation.

Membres de la filière terroriste de Roubaix, les sœurs Tahar Aouidate étaient accusées d’avoir réalisé des transferts d’argent de l’aide sociale à leurs proches en Syrie et d’avoir favorisé le départ de plusieurs femmes vers le «califat» de l’organisation État islamique. En 2014, 34 membres de la famille Tahar Aouidate, y compris les grands-parents, avaient quitté la France pour rejoindre Raqqa. Au moins 15 000 euros leur auraient été envoyés. Lors de leur procès, les soeurs ont reconnu avoir envoyé ces sommes d’argent mais nié partager l’idéologie du groupe terroriste.

Thomas Guichard