Edouard Philippe présente son plan d’action pour la Seine‐Saint‐Denis

Le premier ministre s’est rendu avec cinq ministres ce matin à la préfecture de Seine‐Saint‐Denis pour annoncer 23 mesures d’investissements dans le département le plus pauvre de France.

Edouard Philippe parle d’«investissements qui vont bouleverser la physionomie du département» de la Seine‐Saint‐Denis. Il dévoile une mesure phare pour répondre à «une situation exceptionnelle», et annonce la mise en place d’une prime de 10 000 euros pour fidéliser les fonctionnaires. Elle sera versée à ceux qui choisissent d’exercer dans le département au moins cinq ans. « Deux tiers des enseignants en Seine‐Saint‐Denis sont de nouveaux professeurs», indique le Premier ministre. Ils ont 2,7 années d’ancienneté en moyenne, contre 7,4 en Essonne.

La mesure, qui s’adresse principalement aux enseignants et policiers, pourrait concerner jusqu’à 39 000 agents. Le bonus sera mis en place «dans le courant du premier semestre 2020».

Le gouvernement annonce aussi le recrutement de 150 policiers pour répondre au déficit d’officiers judiciaires dans le département. Douze postes de magistrats et 35 postes de greffiers créés récemment vont être pérennisés.

«Accueillir les usagers dans la dignité»

Plusieurs infrastructures seront rénovées pour permettre d’accueillir les usagers «dans la dignité», à l’instar du centre hospitalier le Raincy‐Montfermeil. Les commissariats d’Aulnay-sous-Bois et d’Epinay-sur-Seine seront rénovés d’ici 2023 grâce à une enveloppe de 30 millions d’euros. Une extension du tribunal de Bobigny verra le jour à l’horizon 2026.

Vingt millions d’euros seront débloqués par la région pour financer des investissements immobiliers, dans un département qui est particulièrement concerné par la mesure de dédoublement des classes de CP et CE1, réservée aux zones d’éducation prioritaire. 500 étudiants de Seine‐Saint‐Denis, en deuxième année de licence, pourront bénéficier de bourses et de contrats de trois ans en tant qu’assistants d’éducation. Pour en bénéficier, ils devront s’engager à exercer dans le département une fois diplômés.

Sur le plan sanitaire, cinq inspecteurs en charge du contrôle des logements indignes seront recrutés. Seulement deux sont officiellement en poste actuellement, alors que «potentiellement 10% de l’habitat est insalubre», selon Edouard Philippe.

Une enveloppe de 10 millions d’euros sera également allouée au financement « d’actions visant à mieux accueillir les publics fragiles», précise Matignon. L’ambition du gouvernement est claire: «faire en sorte que le refus de l’assignation à résidence (…) soit possible».