«Une reconnaissance de l’État envers une population, c’est ce dont on a besoin en Seine‐Saint‐Denis»

Meriem Derkaoui, maire communiste d’Aubervilliers, a réagi à la batterie de mesures dévoilées par le gouvernement Philippe pour palier les difficultés structurelles des institutions en Seine‐Saint‐Denis.

«Il faut que le gouvernement reconnaisse, au‐delà des mesures, que l’État a failli», a déclaré Meriem Derkaoui, la maire communiste d’Aubervilliers, une commune de Seine‐Saint‐Denis. Avec trois autres élus du département, elle avait attaqué l’Etat en justice pour rupture d’égalité républicaine en 2018. Le Premier ministre se rend jeudi 31 octobre à la préfecture de Seine‐Saint‐Denis pour annoncer 23 mesures destinées à améliorer le fonctionnement des institutions dans le département le plus pauvre de France. La maire communiste exige du gouvernement une reconnaissance d’échec des politiques publiques dans ce territoire.

L’une des mesures phares du gouvernement est une prime de 10 000 euros, qui sera versée aux fonctionnaires après cinq ans de présence dans le département. Mathias Wargon, chef du service des urgences au centre hospitalier de Saint‐Denis, pense que la stratégie d’amélioration de l’attractivité de Seine‐Saint‐Denis par la distribution de primes ne sera pas efficace à long terme. «Les primes ça attire les jeunes mais c’est pas ça qui les fera rester. (…) L’image de la Seine‐Saint‐Denis, l’image que les médias en donnent, c’est aussi ça qu’il faut changer», explique‐t‐il. Interrogé sur France info sur le bien‐fondé des mesures du gouvernement dans le domaine de la santé, il répond : «C’est très bien, mais c’est un problème de fond qui ne va pas se limiter à 60 millions d’euros».

Meriem Derkaoui abonde: «Ce qu’on attend en Seine‐Saint‐Denis c’est de mettre un terme à la stigmatisation. (…) Arrêter de la présenter tout le temps sous l’angle des violences – il y en a – mais c’est les effets d’une politique», affirme l’élue. «Moi je connais à Aubervilliers une majorité d’enseignants engagés et qui, pour beaucoup, sont là depuis des années. (…) Une reconnaissance de l’État envers une population, c’est ce dont on a besoin en Seine‐Saint‐Denis».