La police alarme sur un État de droit « au bord de l’effondrement » à Hong Kong

La Chine assure que le policier qui a tiré à bout pourtant sur un manifestant hongkongais a agi « en conformité totale avec la loi ». 

L’État de droit à Hong Kong a été poussé « au bord de l’effondrement total », a déclaré mardi 12 novembre lors d’un point presse le porte‐parole de la police.

Dans le quartier de Central qui abrite nombre de grandes entreprises étrangères et de boutiques de luxe, des milliers d’employés de bureau ont occupé pendant des heures les rues, en scandant: « Battez‐vous pour la liberté, soutenez Hong Kong! » Des centaines de protestataires radicaux, vêtus d’un t‐shirt noir et le visage couvert d’un masque, ont bloqué avec un autobus la circulation sur l’une des grandes artères de ce quartier.

Ils ont ensuite jeté des pavés et divers objets avant l’intervention de la police anti‐émeutes qui a tiré des gaz lacrymogènes. Les campus universitaires sont devenus, pour la première fois, le nouveau théâtre d’affrontements. A l’Université chinoise de Hong Kong, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur des centaines de manifestants qui avaient érigé des barricades. La circulation des bus et des métros dans tout le territoire a été sérieusement perturbée mardi matin par les manifestants, pour la deuxième journée consécutive.

Le gouvernement chinois soutient la police de Hong Kong

Le gouvernement chinois a réagi, ce mardi 12 novembre, en soutenant le policier vivement critiqué qui avait tiré à bout portant, la veille, sur un manifestant hongkongais : « Comme on peut le voir sur la vidéo, l’émeutier a attaqué le policier en premier et ce dernier a réagi en conformité totale avec la loi », a déclaré ce mardi le porte‐parole du ministère des Affaires étrangères chinoises. La scène a été filmée et diffusée en direct sur Facebook, suscitant notamment la colère des manifestants. 

L’homme touché par balle est, aujourd’hui toujours, dans un état critique selon les autorités hospitalières. La vidéo, devenue virale, a également suscité de nombreuses réactions à l’international et la réponse chinoise fait notamment suite aux déclarations de l’Angleterre et des États‐Unis qui avaient condamné la violence de cet acte et appelé toutes les parties à faire « preuve de retenue ». 

Ce mardi matin, et pour la deuxième journée consécutive, le réseau de transports (axes routiers, voies ferrées, métro) a une nouvelle fois été ciblé par les blocages des protestataires. La circulation est, de fait, très compliquée dans la mégalopole pour le moment. Pour rappel, le gouvernement de Hong‐Kong fait face depuis désormais plus de cinq mois à des manifestations prodémocratie. Pékin est accusé d’augmenter son emprise politique dans une région pourtant semi‐autonome dirigée sous le principe « Un pays, deux systèmes ».