Agence spatiale européenne : un budget record pour rester dans la course aux étoiles

Le Vieux Continent entend bien rester un géant de l'espace malgré l'arrivée de nouveaux acteurs comme Space X et la montée en puissance des États-Unis et de la Chine. Et sort le carnet de chèques.

Une somme inégalée depuis la création de l’ESA, 1975. Les 22 pays membres de l’Agence spatiale européenne ont voté ce jeudi un budget de 14,4 milliards d’euros pour financer de nouveaux programmes ambitieux sur une durée de trois à cinq ans.

« C’est un pas de géant pour l’Europe, cinquante ans après le débarquement sur la Lune », s’est réjoui Jean‐Yves Le Gall, le président du Centre national des études spatiale (CNES), auprès de l’AFP. Cette enveloppe, qui comprend 4,3 milliards pour les programmes obligatoires, s’ajoutera à la contribution de la Commission européenne déjà votée en 2016 (16 milliards d’euros sur sept ans ).

Même si l’Europe enchaîne les succès depuis quelques années, la mission de Thomas Pesquet à bord de l’ISS, le GPS européen Galileo, la construction d’Ariane 6, la compétition mondiale s’amplifie. À titre de comparaison, le budget 2019 de la NASA s’élevait à 18 milliards d’euros en 2019, contre 5,72 milliards d’euros pour le budget de l’ESA. En 2018, la Chine avait programmé 39 lancers, contre 31 pour les États‐Unis, 20 pour la Russie et seulement 8 pour l’Europe.

Améliorer la compétitivité des deux lanceurs européens : Ariane et Vega

Contrairement à l’organisation européenne, la Chine et les États‐Unis mènent des démonstrations de force et votent des investissement publics massifs. « Il y a urgence. Pendant la présidence de Donald Trump, le budget spatial américain augmente de plus de 10 % par an », avait déjà souligné André‐Hubert Roussel, président exécutif d’ArianeGoup, le 29 octobre dernier.

Avec ce nouveau budget, l’ESA ne pourra pas se targuer d’être au même niveau que la NASA, mais, compte bien améliorer la compétitivité de ses deux lanceurs : Ariane et Vega. Un volet que l’Europe ne veut pas négliger afin de peser sur le marché, actuellement dominé par l’arrivée d’acteurs privés comme les “GAFA” du spatial, Space X d’Elon Musk ou Blue Origin de Jeff Bezos. Fusées réutilisables, satellites miniatures, applications de localisation, météorologie de l’espace… Ces nouveaux acteurs ont pris de vitesse l’Europe et plus généralement les grands industriels appuyés par les États, en proposant un système basé sur la réduction massive des coûts et un accès facilité à l’espace.

Dans le même temps, les 22 pays européens doivent aussi discuter des programmes d’exploration. L’Europe prévoit une montée en puissance des missions sur Mars et sur la Lune dans un contexte marqué où les États‐Unis ont annoncé leur retour sur le Lune dès 2024. Les Chinois, derniers à se lancer dans la bataille, y ont posé un robot en janvier 2019.