Dopage : la Russie fera “tout” pour participer aux JO 2020

Alors que la participation de la Russie aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020 est incertaine, le Comité olympique russe a promis jeudi de “tout faire” pour concourir. Et ce malgré de nouvelles sanctions recommandées par le comité de révision de la conformité (CRC) face aux soupçons de falsification des données sur fond de dopage.

Enième épisode dans la saga opposant la Russie à l’agence mondiale anti-dopage (AMA). Depuis 2014, les tensions entre l’AMA et le comité olympique russe se multiplient quant à la participation de la Russie aux compétitions sportives internationales. Le pays est accusé d’avoir organisé le dopage de ses sportifs et dissimulé des données aux autorités sportives avec la complicité de l’Etat. Ces faits se seraient produits au minimum sur une période de 2011 à 2015. 

Cette semaine, le comité de révision de la conformité (CRC) de l’AMA a préconisé l’exclusion de la Russie pendant quatre ans de toute compétition internationale. Une annonce qui fragilise un peu plus l’espoir de la fédération russe de participer aux JO. Face à ces menaces, Stanislav Pozdniakov, président du Comité russe, s’est empressé réagir.

La Russie croit en ses chances de participation

“Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que notre équipe soit à Tokyo sous les couleurs du drapeau russe. Et nous y voyons des raisons objectives” a‑t-il affirmé. Si ses chances s’amincissent de jour en jour à l’approche des JO de Tokyo, la Russie ne compte pas baisser les bras et dénonce une recommandation “politique”. La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a elle aussi répliqué et a dénoncé une “politisation de cette question” en parlant d’une “alliance, un lobby qui désire (…) exclure la Russie de l’espace sportif mondial et du secteur mondial de l’information”. 

De son côté,  le président du comité russe par ailleurs assuré qu’il ne pouvait y avoir “aucune discussion sur une participation sous drapeau neutre” d’athlètes russes. 

Une participation plus qu’incertaine

Même si le sort de la Russie n’est pas encore scellé, ces nouvelles recommandations laissent peu d’espoir en une potentielle autorisation de participation aux JO. Le comité exécutif de l’AMA doit prendre cette décision le 9 décembre prochain, à Paris, afin de savoir s’il suivra les recommandations de son comité.

D’ici là, il reste fort à parier que les tensions risquent de s’accroître, notamment du côté russe. Vladimir Poutine s’était servi du sport comme d’un vecteur de puissance et de rayonnement sur l’échiquier international avec par exemple, l’organisation des JO de Sotchi en 2014. Dans le cas où ces ces sanctions seraient appliquées, la Russie a déjà prévu de répliquer.  Les autorités russes ont prévenu qu’elles feraient appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne, plus haute juridiction du droit du sport. 

Irène Ahmadi