Sortie du nouvel album de Renaud : sur les traces de l’enfance du chanteur

Pour la sortie du 17e album de Renaud, Les mômes et les enfants d’abord, nous sommes retournés dans le quartier de son enfance. Et on a retrouvé le Mistral gagnant...

Pauline a 18 ans, mais elle connait toute la vie du chanteur. Arrivée d’Ardèche pour ses études, la fan vient de temps en temps arpenter les rues, près de la Porte d’Orléans, où son idole a fait ses premiers pas. Sous la grisaille parisienne, on la retrouve à mi‐hauteur de la rue Sarrette (XIVe) devant l’ancienne école maternelle de Renaud. Celle où il avait donné rendez‐vous deux semaines plus tôt aux médias pour lancer la promotion de son nouvel album. “L’enfance a toujours été centrale pour lui, s’émeut Pauline. Je n’arrive pas à expliquer pourquoi mais c’est important pour moi de venir ici.

Sa passion pour le Renard ne date pas d’hier. “À 13 ans, j’ai eu un déclic devant le documentaire ‘Renaud, le Rouge et le Noir’, se souvient‐elle. Il apparaît très fragile devant la caméra. Ça m’a touché. J’ai d’abord aimé l’homme avant ses chansons.

La voilà qui passe rue du Prisse-d’Avennes, devant l’école primaire du chanteur. “Là, c’est le chemin qu’il prenait tous les midis pour aller manger chez lui.” Au bout de la rue, Pauline s’arrête devant la boulangerie “Les Jardins de Paul’ Ha”. Derrière la vitrine, une photo dédicacée du Renard dans un cadre bleu. Avec ces mots : “c’est dans cette boulangerie que j’ai découvert les ‘Mistral gagnants’ dans les années 50–60 ! Merci ! (signé) Renaud”. “Il est venu nous donner ça dans les années 2005–2006″, se rappelle la boulangère, habituée aux visiteurs.

Son nom est encore sur l’interphone

Pour arriver dans l’appartement qui a vu grandir le Phoenix, il faut longer un centre sportif aux allures de prison. “Avant, c’était un terrain vague. Il y allait souvent. Pour jouer ; pour fumer ses premières clopes.” Pauline tire cette information de l’autobiographie de l’artiste qu’elle a lue et relue.

Soudain, elle stoppe devant la façade corail d’un immeuble couvert de lierre, au 6 avenue Paul Appell (XIVe). C’est au 5e étage que le chanteur a vécu ses jeunes années. “À 10 ans, il a croisé Brassens dans l’ascenseur, raconte Pauline. Il a couru jusqu’au 7e étage pour lui faire dédicacer un vinyle.” Son nom – “Séchan” – est toujours visible sur l’interphone. Pourtant, depuis janvier, sa mère repose au côté de son père au cimetière du Montparnasse.

Ça, c’est incroyable !” Pauline se fige. De l’autre côté de la rue, abandonné à même le trottoir, un vinyle de… Renaud. La pochette est barrée du titre Ethiopie. Une chanson qu’il a écrite en 1985 pour le collectif Chanteurs sans frontières qui venait en aide aux victimes de la famine.

Pauline reprend son chemin vers le jardin du Luxembourg. C’est là que le jeune loubard séchait les cours pour écrire ses premiers poèmes. Elle marque une pause rue Bria. Pauline le sait, dans le bistrot du même nom, le jeune Renaud a bu ses premiers coups avec ses amis du lycée Montaigne. Elle a beau chercher, plus aucune trace du troquet. Sobre depuis neuf mois, l’artiste le dit lui‐même dans la chanson Les Animals qui ouvre son dernier album : « depuis qu’il boit du lait, il est plus peinard ». La bière, il a laissé béton.