Classement PISA : pour lutter contre les inégalités, l’école rêvée des profs

Les résultats de l'étude PISA révèlent de fortes disparités de niveau entre élèves français en lien avec leur origine sociale. Comment enrayer ces inégalités  ? Des enseignants proposent leurs solutions.

C’est le cauchemar des ministres de l’Education nationale. Au classement des meilleurs systèmes éducatifs dans le monde, dont la publication a été dévoilée ce matin, la France figure une nouvelle fois dans les pays aux fortes disparités entre élèves. Tous les trois ans, l’OCDE évalue et compare, via le Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) les performances de 79 pays développés. Pour cette édition 2018, plus de 6000 jeunes Français âgés de 15 ans, répartis dans 252 établissements, ont été soumis à une batterie de tests pour évaluer leurs compétences en lecture, sciences et mathématiques. Une fois encore, les résultats de l’étude ont révélé de fortes disparités de niveau entre élèves en lien avec leur origine sociale. Les enseignants de l’école primaire et du secondaire ne manquent pourtant pas d’idées pour endiguer ces inégalités. Quatre d’entre eux nous livrent leur solution. 

 

Plus d’accompagnement à la campagne. Pour Sandrine Tible, institutrice à Beautiran (Gironde), « On a besoin d’un système extra‐scolaire, de psychologues notamment, pour pallier les difficultés de certains enfants ». Cette institutrice enseigne dans une école rurale depuis deux ans. Elle  pointe les inégalités entre les villes et la campagne. « Je suis estomaquée de voir que les soutiens dont je devrais pouvoir bénéficier ne viendront jamais dans l’école. Ici, je détecte les difficultés mais je ne peux dresser qu’un constat. Quand j’enseignais en ville au sein d’un réseau d’éducation prioritaire, j’avais un institut spécialisé à l’école. Le système éducatif parallèle n’est pas disponible à la campagne ». 

 

Abaisser le nombre d’élèves. « C’est compliqué de faire cours à trente élèves. Certains restent sur le côté, regrette Elise Martinas, professeure de mathématiques dans un collège de Bretigny‐sur‐Orge (Essonne). Même en 5è où le programme est encore assez abordable, je sens que j’ai perdu quelques élèves. Cela va être compliqué pour eux de rattraper le niveau ». Pour elle, le seul moyen de ne pas creuser plus les inégalités chaque année est de décharger les classes, afin de développer le suivi individuel.

 

Alléger les programmes. « On demande aux professeurs de ne pas faire de différenciation pédagogique, mais le niveau des élèves est trop disparate ! En trois heures par semaine, je ne peux pas apprendre à des élèves de 14 ans qui ne savent presque pas parler français les enjeux de la Révolution française ! », tempête Martin Laruch, professeur d’histoire géographie à Verpillière, en Isère. « Notre impératif est de terminer le programme, or il est sans cesse alourdis.

 

Fidéliser les professeurs . « J’enseigne dans un lycée mixte, en périphérie de Paris, explique la professeure de physique parisienne Valérie Schowb, Il y a beaucoup de vacataires et de turn‐over pour pallier les absences des professeurs, et les postes pour lesquels les candidats se font rares ». Pour cette professeure expérimentée, il faut recruter davantage d’enseignants et surtout les inciter à rester dans leur établissement. Les élèves doivent pouvoir bénéficier d’une continuité dans l’enseignement, et ne pas pâtir des absences du corps enseignant.