Le Giving Tuesday : comment la journée de dons s’installe en France

Ce mardi, associations, entreprises, administrations, écoles et particuliers sont appelés à soutenir une cause et à faire des dons pour la deuxième édition du Giving Tuesday. Venu des États-Unis, le mouvement gagne de l'ampleur en France.

 

Après la ruée dans les magasins du Black Friday le 29 novembre, place à la deuxième édition du Giving Tuesday en France ce 3 décembre. Née aux Etats‐Unis en 2012, cette opération est un appel à la générosité et à la solidarité, organisée dans plus de 70 pays dont la France. 

L’événement a été lancé en France en novembre 2018 par des professionnels de la collecte de fonds, alors que les dons connaissaient leur plus forte baisse en dix ans d’après plusieurs associations. « La baisse de dons était liée à la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune. On a donc décidé de s’emparer, nous aussi, de cet événement mondial dédié à la générosité sous toutes ses formes », explique aux Ateliers du CFJ Frédéric Fournier, coordinateur et initiateur du mouvement avec Yaëlle Afériat. Leur pari ? Susciter, à terme, le même engouement que pour le Black Friday ou le Cyber Monday, mais en faveur du don.

Une hausse de 70% des dons l’an dernier

Le 28 novembre 2018, la collecte a permis aux associations de récolter 583 0000 euros de dons, d’après la plateforme de dons en ligne iraiser. «C’est 70% en plus que le même jour en 2017, sans Giving Tuesday», se félicite le coordinateur du mouvement. Et si ces chiffres semblent encore faibles à l’aune de la récolte américaine — 400 millions d’euros en 2018‐, cette année, plusieurs personnalités et institutions ont pris part au mouvement. «Chacun s’est emparé du mouvement à sa manière» se réjouit Frédéric Fournier. C’est notamment le cas du président du Fonds Solidarité Sida Afrique et animateur Sébastien Folin, nommé cette année ambassadeur du Giving Tuesday pour promouvoir le mouvement. Pour sa part, Gabriel Attal, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse a lancé ce mardi le mouvement dans plusieurs associations pour «insister sur l’action essentielle des associations et fondations», a t‐il annoncé sur son compte Twitter.

https://twitter.com/MuseeLouvre/status/1201905971074875392

Pour Magalie Faget, directrice de l’agence Mlle Pitch,qui gère la communication de la Fondation Raoul Follereau, association caritative indépendante qui lutte contre la lèpre, l’ignorance et la pauvreté, «le mouvement prend de l’ampleur par rapport à l’année dernière». « Avant, seules les très grosses associations connues, Restos du Coeur ou Emmaüs, y participaient alors qu’aujourd’hui, de plus en plus de petits organismes s’y greffent pour faire connaître leur cause. C’est notre cas, mais aussi celui de l’organisation des secours et soins médicaux». Et d’ajouter: «Pour nous, le Giving Tuesday a été l’occasion d’attirer l’attention des Français sur d’autres combats que la lèpre, notamment la pauvreté et de récolter 50 000 euros en 2018». Comme l’année dernière, l’association a lancé une campagne de collecte de fonds nommée «Orange de Noël» pour financer deux cliniques mobiles et une équipe de médecins à Beyrouth. Et ce, pour une durée d’un an.

Une Collecte de jouets distribués au Secours Populaire

Pour les entreprises, les actions en cette journée de dons peuvent prendre d’autres formes. La fondation Somfy, qui soutient notamment des initiatives solidaires pour lutter contre le mal‐logement, participe au Giving Tuesday pour la première fois. A partir de ce 3 décembre, elle organise une collecte solidaire pour récolter des jouets qui seront distribués au Secours Populaire de la Haute‐Savoie. 

Enfin, les particuliers se greffent eux aussi au mouvement. Solanges Gautier, patissière, organise une collecte de desserts qu’elle donne aux Restos du coeur. “On a récolé 120 gâteaux pour les donner aujourd’hui. C’est la première fois que je participe mais j’y participerai les autres années !”.

Impossible, pour le moment d’évaluer l’ampleur de l’édition 2019 de manière chiffrée. «Il faudra attendre deux ou trois jours que les statistiques sortent», explique Frédéric Fournier. Mais un signe ne trompe pas, avec 213 000 occurrences, le hashtag #GivingTuesday sur les réseaux sociaux est de plus en plus répandu.