Les grands gagnants de la grève du 5 décembre

Flixbus, VTC, plateformes de baby-sitting.... Si ce jeudi noir inquiète une partie des Français, elles font aussi le bonheur de plusieurs entreprises qui enregistrent des taux de réservation record.

A l’approche du 5 décembre, journée qui s’annonce fortement perturbée en raison des nombreux secteurs d’activité en grève, les Français s’organisent. En plus de réfléchir aux diverses manières pour se déplacer en raison de l’absence de certains transports en commun, les parents doivent aussi faire appel à des plateformes de baby‐sittings en raison de la fermeture de plusieurs écoles. Une aubaine pour les entreprises proposant des moyens de transport alternatifs mais aussi des services de nounous.

  • Les VTC et les taxis

Qui dit pénurie de transports en commun dit moyens de transports alternatifs… Et parmi eux, les plus sollicités seront probablement les VTC et les taxis. A titre d’exemple, lors de la grève RATP du 13 septembre dernier, Eurecab, comparateur de prix des courses de VTC, chauffeurs particuliers, et de taxis, avait enregistré une multiplication par trois du nombre de réservations par rapport au nombre habituel. De quoi motiver les plus courageux d’entre eux qui oseront affronter les embouteillages. Et pour s’assurer qu’une majeure partie de ses 30 000 chauffeurs parisiens sillonneront les routes, Uber offrira des bonus financiers à tous ceux qui prendront la route, notamment en heure de pointe. Une stratégie gagnante pour l’entreprise puisque selon un sondage d’EureCab réalisé fin novembre, 78% des chauffeurs de taxi et VTC ont déclaré qu’ils travailleraient pendant les grèves malgré les probables perturbations sur les routes. Seuls 8% d’entre eux disent vouloir éviter d’exercer ce jour‐là pour soutenir le mouvement de grève.

  • Les cars

Les TGV étant également touchés par la grève, beaucoup de voyageurs se tournent vers les bus. Le trajet est certes plus long, mais certains n’ont pas d’autres choix. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Deux compagnies se partagent le marché : Blablabus et Flixbus. La première comptabilise une hausse des demandes de 65% sur les axes entre Paris et l’Ouest de la France jeudi. La plateforme n’hésite d’ailleurs pas à solliciter ses usagers, plus ou moins réguliers avec un slogan “Pendant les perturbations, nos bus circuleront” en nous invitant à réserver notre trajet au plus vite, en prévision du 5 décembre. Le second, lui, observe une augmentation de 70%. Selon un article publié par LCI,  deux destinations sont privilégiées : à Strasbourg, où se tient le marché de Noël, le nombre de réservations depuis Paris a bondi de 150 % et Lyon, qui accueille la Fête des Lumières du 5 au 8 décembre, où cette hausse atteint les 160%.

 

                   

 

  • Scooters, trottinettes et vélos

Pendant la grève de septembre, Cityscoot, service de scooter en libre service, a enregistré sa meilleure journée de l’année. Le partenariat mis en place avec la RATP permettant aux personnes circulant en scooter d’avoir 30 minutes gratuites y est bien sûr pour quelque chose. Depuis le 29 novembre, Cityscoot offre 45 minutes gratuites pour toute nouvelle inscription. Il faut donc s’attendre à une déferlante de scooters dans les rues de Paris.

Les trottinettes électriques, elles aussi, profitent de cette grève pour nouer un partenariat avec la direction RATP et proposer des offres promotionnelles. Ainsi, Lime, le leader des trotinettes en libre‐service prévoit un euro de réduction sur 25 000 trajets puis 10% de réduction pendant la suite de la mobilisation. Ses concurrents, comme Dott ou Voi proposent chacun des offres promotionnelles, comme par exemple, la gratuité des frais de déverrouillage deux fois par jour pour le premier, ou encore cinq euros de crédit offerts à tous les utilisateurs pour le second. Selon des propos rapportés par l’Express, Arthur‐Louis Jacquiers, DG de Lime Paris affirmait que “la totalité de la flotte a été utilisée” le 13 septembre dernier dernier, jour de la grève RATP. Alors qu’elle dénombre habituellement 65 000 trajets par jour, elle en a, à cette occasion, dénombré 90 000.

Les pistes cyclables devraient elles aussi pâtir des embouteillages puisque de nombreux Franciliens vont opter pour le vélo. Les entreprises de location de vélos enregistrent déjà un nombre record de réservations. Comme les opérateurs de scooters et trottinettes électriques, ceux des vélos mettent eux aussi en place des stratégies pour inciter un maximum de Franciliens à pédaler… Vélib propose donc un mois gratuit pour ses nouveaux abonnés jusqu’au 15 décembre. Par ailleurs, la région Ile‐de‐France offre une prime de 500 euros pour l’achat d’un vélo électrique. De quoi en motiver plus d’un…

  • Les plateformes de covoiturage

Les services de covoiturage sont eux aussi énormément sollicités à l’approche de la grève et de l’absence de trains… Lors de la grève SNCF lancée par les cheminots au printemps 2018, les réservations de trajets sur BlaBlaCar, leader du marché, avaient doublées. En vue du 5 décembre, Ile‐de‐France Mobilités apporte même une aide financière de trois euros aux conducteurs qui proposeraient de partager la route.

  • Les sites de baby‐sitting

Les transports alternatifs ne sont pas les seuls à susciter l’intérêt des Français. La perturbation de nombreuses écoles et crèches voire leur fermeture en raison de la mobilisation de nombreux enseignants poussent les parents à trouver une solution. Et face à l’urgence de la situation et l’incapacité pour certains de faire appel à leurs baby‐sitters habituels, les parents se tournent donc vers les sites dédiés à la garde d’enfants. Parmi toutes ces plateformes, Yoopies, le leader sur le marché, enregistre ainsi une hausse de 87% de la demande par rapport à un jeudi classique. Ici aussi, l’entreprise met en place une stratégie pour convaincre les parents encore hésitants : une heure de garde sera gratuite pour toute réservation le 5 décembre.

Irène Ahmadi