Policiers brûlés à Viry-Châtillon : 10 à 20 ans de réclusion pour 8 jeunes, 5 acquittements

Le 8 octobre 2016, une vingtaine de jeunes avaient attaqué des policiers au cocktail Molotov. Treize comparaissaient devant la cour d'assises de l'Essonne. Huit ont été condamnés, cinq acquittés.

Depuis un mois et demi, les treize jeunes impliqués dans l’affaire des quatre policiers brûlés au cocktail Molotov à Viry Châtillon, étaient jugés à huit clos, car mineurs au moment des faits, à Evry (Essonne). Mercredi 4 décembre, 8 d’entre eux ont été condamnés à des peines allant de 10 à 20 ans de réclusion, les 5 autres ont été acquittés.

Jugés par la cour d’assises de l’Essone pour tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l’autorité publique, ces jeunes, aujourd’hui âgés de 19 à 24 ans, encouraient la réclusion criminelle à perpétuité.

Le 8 octobre 2016, deux voitures de police stationnées à proximité de la Grande Borne, considérée comme l’une des cités les plus sensibles d’Île-de-France, sont prises d’assaut par une vingtaine de jeunes. En quelques secondes, ils parviennent à briser les vitres et jettent dans l’habitacle des cocktails Molotov.

Dans une première voiture, les deux sièges avant s’enflamment. Un adjoint de sécurité, âgé de 31, et une gardienne de la paix, 42 ans, prennent feu. Ils sont grièvement blessés.

Dans l’autre voiture de police, les deux agents parviennent à sortir malgré le cocktail Molotov tombé sur la banquette arrière. Ils sont blessés plus légèrement.

 

Une enquête longue et laborieuse

Malgré 1 000 personnes entendues, les investigations n’ont pas permis de faire toute la lumière sur cette affaire, en raison de la « loi du silence » en vigueur dans la cité, selon les enquêteurs.

D’ailleurs, sur les 19 silhouettes qui apparaissent sur les images captées par les caméra de surveillance au moment des faits, seuls 13 jeunes sont actuellement jugés. La plupart appartiennent à la bande de la « S » ‑comme « Serpente », le nom de la rue où ils avaient l’habitude de se rassembler.

Comme lors de l’ouverture du procès, un important dispositif policier a été mis en place au tribunal d’Evry au moment du verdict pour éviter un débordement.

Un rassemblement a été organisé par les syndicats de police Alliance et Unité SGP devant le tribunal, « en solidarité » avec leurs collègues.