Lancement du Téléthon : les organisateurs “confiants” malgré la grève

Le Téléthon lance, dès ce vendredi et jusqu'à dimanche soir, sa 33e édition. Pour la quatrième année d'affilée, l'actualité vient bouleverser ce rendez-vous, causant des pertes dans la récolte de dons. Pour autant, l'impact n'est pas tel qu'on pourrait l'imaginer.

Depuis 33 ans, le Téléthon, événement caritatif organisé par l’Association française contre les myopathies, s’ouvre chaque premier week‐end du mois de décembre. L’objectif est de récolter un maximum de dons pour financer des projets de recherches sur les maladies génétiques. Ces deux jours sont donc extrêmement importants pour l’association. Pourtant, depuis trois ans, “on joue de malchance avec le contexte politique et événementiel”, reconnaît Virginie Simmonet, coordinatrice du Téléthon. Et pour cause.

Le 1er décembre 2016, François Hollande annonçait qu’il ne se représenterait pas aux prochaines élections présidentielles. Éditions spéciales, réactions politiques… Exit la mise en lumière du Téléthon. En 2017, c’est le décès de Johnny Hallyday, survenu dans la nuit du 5 au 6 décembre, qui est venu chambouler l’organisation de l’événement. L’année dernière, le Téléthon avait lieu les 7 et 8 décembre. En pleine période du mouvement des Gilets jaunes, et une semaine après que l’Arc de Triomphe a été dégradé. Le plateau du Téléthon situé place de la Concorde, a donc dû être démonté à la dernière minute, comme le rappelle FranceInfo.

L’enchaînement de ces événements fait penser à une fatalité qui s’abattrait sur l’événement caritatif et dont l’impact sur les donations serait conséquent. Si “ce genre d’événements a forcément un petit impact sur les dons, comme le reconnaît Virginie Simmonet, sur le terrain, les gens restent mobilisés, nos équipes sont déterminées pour justement pallier ce contexte et faire en sorte que la collecte soit la plus grande possible.” 

Une baisse de dons à relativiser

Depuis les années 2000, la baisse de dons la plus importante s’est produite entre 2008 et 2009, passant de 104 911 383 millions d’euros à 95 200 117 millions d’euros. Si les chiffres donnés par l’association témoignent tout de même de diminutions des donations depuis 2016, année où le contexte n’était pas favorable, celles‐ci restent minimes.

“On est confiants”, affirme ainsi Virginie Simmonet ce matin. Elle voit justement la grève comme une occasion de susciter davantage l’intérêt du grand public. “Comme on a plusieurs animations dans différents arrondissements de la capitale, on espère justement qu’à cause de l’absence des transports, les gens vont rester dans leurs quartiers et se rendre sur les animations Téléthon organisées à proximité de chez eux.” Pour s’assurer de pouvoir se déplacer, échanger et sensibiliser les personnes présentes sur leurs animations, l’équipe en charge de l’organisation de l’événement a anticipé la grève. Peugeot nous prête des véhicules et les conductrices sont allées les chercher mercredi en prévision de la grève de jeudi de manière à ce que l’on puisse se déplacer sur toutes les animations organisées à Paris,” détaille Virginie Simmonet. 

Par ailleurs, la Marche des Maladies Rares, organisée ponctuellement à l’occasion du Téléthon, est cette année annulée pour des raisons de sécurité. “Elle l’a aussi été l’année dernière”, précise la coordinatrice de l’événement en s’empressant de rappeler que “l’annulation de la Marche des maladies rares n’aura aucune incidence sur la collecte de dons parce que cette marche ne fait pas de collectes de dons.”  

Quoiqu’il en soit, hors de question donc de changer la date de ce rendez‐vous annuel. “C’est tous les ans la même, le premier week‐end de décembre, ça a toujours été comme ça, la date est fixée, on fait avec”, précise Virginie Simmonet d’un ton rieur.  Et d’ajouter : “Ce n’est pas à mon niveau que ça se décide”.

Irène Ahmadi