La trajectoire singulière de l’étoile Bryant

A ses débuts, personne ne prédisait la trajectoire exceptionnelle de Kobe Bryant. Son travail acharné a fait de lui l’un des meilleurs joueurs de basketball de l’histoire. Après sa mort à 41 ans le 26 janvier, il emporte avec lui une philosophie de vie.

Il répétait souvent que “se lever au milieu de la nuit et aller bosser, il n’y avait rien de plus normal”. Les coéquipiers de Kobe Bryant à Los Angeles se souviennent de lui comme celui qui se réveillait à quatre heures du matin pour s’entraîner au shoot. “Quand il n’était pas encore père de famille, il se mettait un réveil à 4h30, décrit Rémi Reverchon, commentateur NBA de beIN Sports. Il allait à la salle de 5h à 6h30, puis reprenait l’entraînement à 10h avec toute l’équipe.” C’est ce qu’il a appelé la “Mamba mentality” : aller plus loin et toujours repousser les limites en s’inspirant des meilleurs, dans l’espoir de les dépasser un jour. 

L’annonce de sa mort à 41 ans dimanche 26 janvier, dans un crash d’hélicoptère qui a aussi coûté la vie à l’une de ses filles, a provoqué une vague d’incrédulité qui a balayé la planète et le monde du sport.

Rien ne laissait pourtant présager que l’enfant de Philadelphie marquerait la NBA. Ses débuts compliqués en témoignent. Les statistiques de “Black Mamba” sont bien plus faibles comparées à celles d’autres légendes du basket : Michael Jordan, Kareem Abdul-Jabbar, Karl Malone, et LeBron James. Lors de leur première saison, Jordan et James inscrivent respectivement 2313 points et 1654, soit quatre et trois fois plus que Kobe, qui n’en marque que 539. 

“On ne pensait pas qu’il deviendrait une figure” 

A la treizième place de la draft — événement annuel où les soixante meilleurs jeunes du monde intègrent la NBA — de 1996,  sa moyenne de points par match (7,6) lors de sa première saison est bien en deçà des quatre premiers de sa cuvée. En tête, Allen Iverson, premier sélectionné, a marqué 23,5 points en moyenne. “Quand il arrive en NBA, Bryant n’est qu’un gamin, décrit Rémi Reverchon. On ne pensait pas qu’il deviendrait une figure. Personne ne le connaissait à l’époque.” Immédiatement après sa draft à Charlotte (Caroline du Nord), Kobe Bryant est échangé contre le cadre des Los Angeles Lakers Vlade Divac, et intègre l’effectif californien. “Divac était un joueur très réputé, se souvient le journaliste. Tout le monde se demandait ce que faisaient les Lakers.” Jerry West, directeur sportif des LA Lakers avait décelé le potentiel de Bryant.

Pari réussi. Malgré des débuts timorés et une première saison à 7.6 points en moyenne par match, le “black mamba” inscrit en moyenne 35.4 points par rencontre lors de la saison 2005–2006, où il a le plus marqué. Un chiffre multiplié par presque cinq. Karim Abdul-Jabbar, meilleur marqueur de l’histoire, n’a pas connu la même progression : il est passé de 28,8 points en moyenne par match à 34,8.

Lors de sa dixième saison, en 2005–2006, Kobe Bryant est au sommet de sa carrière. Il inscrit 2832 points. Dans l’histoire, seul Michael Jordan fait mieux (3041 points). Le joueur des Lakers s’illustre cette même saison en marquant 81 points contre Toronto, devenant ainsi le deuxième meilleur marqueur de l’histoire dans un match.

 

Après le départ de Shaquille O’Neal en 2004, avec qui il formait un duo anthologique, Kobe Bryant acquiert un nouveau statut. “Si les Lakers font le choix de mettre Kobe sur le devant de la scène, c’est parce que les deux ne s’entendent plus, précise Rémi Reverchon. Les Lakers se retrouvent alors avec une équipe en bois jusqu’en 2008.” Kobe Bryant prend alors les choses en main : “C’est Kobe contre le reste du monde. Il porte le poids de l’équipe sur ses épaules.” 

Il remporte cinq titres de NBA (2000, 2001, 2002, 2009, 2010), devient MVP — trophée du meilleur joueur de la saison régulière — en 2007–2008 et glane deux titres olympiques (2008 et 2012), avec la sélection américaine. Bryant devient aussi le quatrième meilleur marqueur de l’histoire de la NBA, avec 33 643 points. LeBron James avait battu son record quelques heures avant sa mort.

Source : basketball-reference