Passation de pouvoir chargée d’émotion entre Agnès Buzyn et Olivier Véran, nouveau ministre de la Santé

La passation de pouvoir entre Agnès Buzyn et Olivier Véran qui s'est tenue au ministère des Solidarités et de la Santé ce matin était chargée d'émotion. L'ancienne ministre de la Santé, désormais candidate pour le parti de la majorité à la mairie de Paris a évoqué un « déchirement ».

« L’émotion est palpable. Je sens en entrant dans ce ministère, beaucoup de fierté », a déclaré le nouveau ministre de la Santé, Olivier Véran, nommé ce dimanche, à l’issue du discours d’Agnès Buzyn. L’ancienne ministre n’a pas pu retenir ses larmes, « quitter ce ministère est un déchirement », a‑t-elle lancé.

Âgée de 58 ans et désormais candidate à la mairie de Paris pour le parti de la majorité, Agnès Buzyn a rappelé le travail effectué depuis deux ans et demi et a répété sa fierté d’avoir servi le ministère de la Santé. La gorge serrée d’émotion, cette praticienne hospitalière a tenu à remercier l’ensemble de ses équipes ainsi que « tous ceux qui travaillent auprès des malades, je connais leur implication et je voulais leur dire merci, du fond du coeur merci ». « Tu as de la chance Olivier », a‑t-elle ensuite adressé à son confrère, neurologue de 39 ans, à la fin de son discours.

Si le tutoiement est de mise, c’est parce qu’Olivier Véran, médecin hospitalier au CHU de Grenoble et père de deux enfants, et Agnès Buzyn se connaissent bien. « Nous sommes confrères hospitaliers, nous partageons la même rigueur et les mêmes convictions. Nous nous connaissons très bien et depuis très longtemps, j’ai une confiance absolue dans la façon dont tu vas gérer ce ministère », a souri Agnès Buzyn. Avant d’ajouter à l’attention de son successeur : « Je sais que tu es prêt. »

Un Olivier Véran plus technique

Le nouveau ministre, jusqu’ici député LREM de la première circonscription de l’Isère, a chaleureusement salué Agnès Buzyn. « Chacun retiendra vos inoubliables qualités humaines. Votre capacité d’empathie est un exemple pour le pays. Je vous souhaite le meilleur, je te souhaite le meilleur », a‑t-il adressé à sa consoeur. Si l’émotion de l’ancienne ministre était palpable, le nouveau ministre s’est davantage concentré sur les aspects techniques de son futur poste.

Coronavirus, crise des urgences et réforme des retraites, Oliver Véran a affirmé sa volonté de prendre ces sujets à bras le corps. « J’aurais tant à dire sur la réforme des retraites », a lâché, celui qui était depuis deux ans et demi le rapporteur général de la commission des affaires sociales, sans toutefois donner plus détails et alors que ladite réforme arrive ce matin à l’Assemblée nationale.

Olivier Véran a tenu à mettre l’accent sur le sujet de la santé environnementale en citant l’incendie de Lubrizol et en rappelant la montée de pathologies nouvelles liées à des facteurs environnementaux. « Il faut repenser nos manières d’approcher ces questions-là », a annoncé le nouveau ministre de la Santé.

Cet ancien socialiste, qui a rejoint le PS en 2012 à l’occasion de la campagne présidentielle de François Hollande, devenu député socialiste jusqu’en 2015, a également critiqué les inégalités entre les pays européens en matière de santé. « Il y a des pays avec lesquels nous avons la même monnaie mais un écart de 10 ans concernant les espérances de vie », a relevé Olivier Véran.