Réforme des retraites à l’Assemblée : calendrier serré pour une réforme sensible

Les députés entament lundi 17 février la discussion sur le projet de loi. Pour l'instant, seules deux semaines sont prévues pour faire le tour de cette réforme d'ampleur.

Après un conflit social d’une longueur record cet hiver, la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron arrive ce lundi 17 février à l’Assemblée nationale. Les débats s’annoncent tendus. Au menu, soixante-cinq articles, vingt-neuf ordonnances, 41 000 amendements et des syndicats qui continuent d’appeler à la grève.

Le gouvernement vise, pourtant, une adoption du texte en première lecture tout début mars, avant les élections municipales. Pour l’heure, quinze jours de débats sont prévus mais, « s’il le faut », le patron de la majorité, Gilles Le Gendre, n’exclut pas d’en prendre « une troisième », a‑t-il affirmé dimanche à RTL-LCI-Le Figaro.

Ce calendrier est jugé « clairement intenable » par le Medef et par la CGT. « Deux mois pour trouver des solutions à des problèmes qui se posent tous les jours, ce n’est pas raisonnable », a estimé le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux sur RTL, ce lundi.

« Gagner la bataille des retraites »

Déjà, la commission spéciale sur le sujet a échoué à passer en revue l’ensemble du volet principal de la réforme. La faute à la quantité d’amendements déposés par les groupes d’opposition, notamment la France Insoumise. Cette situation est une première dans toute l’histoire parlementaire. C’est donc la version initiale du projet proposée par le gouvernement qui va être examinée à l’Assemblée.

Mais pour le Président, pas question de reculer. Il faut « gagner la bataille des retraites » a martelé Emmanuel Macron en fin de semaine dernière, exhortant les députés de la majorité à « vendre » cette réforme qui vise à créer un «système universel» de retraite par points et à supprimer les régimes spéciaux.

De leur coté, la stratégie des députés de l’opposition semble claire : torpiller le projet à coups d’amendements et dénoncer le passage en force d’une réforme qui ne parvient pas à convaincre l’opinion.

Face à l’obstruction des groupes d’opposition avec leurs amendements, les responsables de la majorité martèlent qu’un recours au 49–3 – arme de la Constitution qui permet l’adoption sans vote –  « n’est pas l’objectif » selon Gilles le Gendre, mais les « marcheurs » ne l’excluent pas si le débat est « clairement impossible ».