Abus sexuels : les scouts américains déposent le bilan

Les Boys Scouts of America, principal mouvement scout des Etats-Unis, ont annoncé mardi déposer le bilan. En cause ?  La série de procès liée aux accusations d'abus sexuels sur des enfants depuis 1944.

L’organisation qui célébrait son 110e anniversaire le 8 février dernier n’a d’autre choix que le dépôt de bilan, mardi, face aux centaines de poursuites pour abus sexuels, aux milliers de victimes présumées d’abus et à une baisse du nombre de membres.

Selon le Los Angeles Times, le document déposé auprès du tribunal fédéral des défaillances d’entreprises de l’État du Delaware estime le passif de l’organisation entre 100 et 500 millions de dollars.

Pour Paul Mones, un avocat basé à Los Angeles qui représente « des centaines de victimes d’abus sexuels dans des poursuites individuelles », la faillite de l’organisation est une « tragédie ». Il s’exprimait sur la chaîne de télévision étasunienne CNN. « Ces jeunes garçons ont prêté serment. Ils se sont engagés à être obéissants, à soutenir les Scouts et à être honorables. Beaucoup d’entre eux sont extrêmement en colère », a‑t-il ajouté.

Une faillite pour faciliter l’indemnisation des victimes

Dans le communiqué publié par la Boys Scouts of America (BSA), le PDG Roger Mosby a annoncé que l’organisation « se soucie profondément de toutes les victimes de maltraitance et présente ses excuses sincères à quiconque a été blessé pendant son séjour dans le scoutisme ». « Il fut une époque où des individus ont profité des programmes des BSA pour porter atteinte à des enfants », peut-on également lire dans le communiqué.

Les dirigeants du mouvement considèrent que le fonds d’indemnisation, dont la création devra être validée par un juge, est « le meilleur moyen d’indemniser les victimes de façon équitable et en préservant leur identité. »

L’organisation, qui compte 2,2 millions d’adhérents âgés de 5 à 21 ans, a choisi la procédure de sauvegarde pour pouvoir poursuivre son activité et créer un fonds d’indemnisation des victimes d’abus sexuels, rapporte ce même communiqué. Cependant, les BSA n’ont pas encore indiqué quel montant ils entendaient consacrer au fonds d’indemnisation des victimes, qui prendra la forme juridique d’un trust.

Comme l’indiquent nos confrères de l’AFP, les actions en justice se sont multipliées contre les BSA ces dernières années en raison des modifications législatives dans plusieurs États, qui ont allongé le délai de prescription pour les agressions sexuelles sur mineurs.

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Selon nos confrères de RTL, les « dossiers de la perversion » qui établissent les chiffres sur le sujet recensent 7 819 agresseurs présumés et 12 254 victimes entre 1944 et 2016.

Irène Ahmadi