Conférence de financement : quels enjeux pour les syndicats ?

Mis en place fin janvier par le Premier ministre Edouard Philippe, la conférence de financement débute ce mardi 18 février au ministère des Solidarités à Paris. L'objectif de cette instance est de proposer des solutions pour ramener à l'équilibre le système de retraite d'ici à 2027.

Les organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFDT, Unsa) et patronales (Medef, CPME, U2P, FNSEA) se réunissent ce mardi matin pour proposer des solutions de financement au futur système des retraites. Selon les informations de nos confrères de 20 Minutes, les organisations seront réparties en deux groupes. L’un devra réfléchir sur les moyens de résorber le déficit du système, estimé pour 2017 à « 12 milliards d’euros par an », selon le premier ministre Edouard Philippe.  Le second, portera sur le pilotage financier du futur système universel par points.

Au total, six séances de travail sont programmées entre ce mardi 18 février et fin mars avant la remise d’un document officiel début avril. Une solution alternative à l’instauration d’un âge pivot à 64 ans, en dessous duquel il n’est pas possible de partir avec une retraite à taux plein, sans toucher au niveau des pensions ou au coût du travail, devrait donc y figurer. En cas d’échec, ce point hautement contesté de la réforme pourrait être remis sur la table.  Selon Bertrand Martinot, expert des retraites au sein du think tank libéral Institut Montaigne, qui s’est exprimé dans les colonnes de 20 Minutes, « la CFDT veut essayer d’éviter une mesure d’âge d’où la conférence, mais elle devra mettre de l’eau dans son vin peut-être qu’elle accepterait un âge d’équilibre de 63 ans au lieu de 64. »

Les syndicats se positionnent

Les attentes des syndicats divergent sur la mise en place de cette instance. La CFDT, qui a proposé la tenue de cette conférence de financement avant qu’elle ne soit reprise par le gouvernement, semble prompte à l’échange. Selon Dominique Andolfatto, politologue spécialiste du syndicalisme qui s’est également confié à 20 Minutes, la CFDT et l’Unsa « veulent discuter sérieusement du financement et jouer le jeu du régime universel ».

De son côté, la CGT, FO, Sud et FSU ne voient pas la participation de la CFDT d’un bon oeil : « Si ces syndicats y vont, ce n’est pas pour faire que de la présence, ils vont aligner quelques arguments, détaille Dominique Andolfatto. Ils ne sont pas parvenus à faire échouer la réforme en s’y prenant frontalement, mais en participant à la conférence, ils peuvent penser arriver à leurs objectifs en attaquant de façon plus tactique, en parlant financement pour montrer que tout le projet ne tient pas et doit être retiré. »

Quant aux organisations patronales, elles ont l’air séduites. Samedi, le Medef a déclaré qu’il s’ s’engageait «pleinement dans la conférence de financement ».

Irène Ahmadi