Syrie : la Haut-Commissaire de l’ONU réclame « des couloirs humanitaires »

Face à la crise syrienne, la Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Michelle Bachelet réclame des « couloirs humanitaires ».

Michelle Bachelet, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a appelé le gouvernement syrien et ses alliés « à autoriser les couloirs humanitaires » et à faciliter le « passage des civils en toute sécurité » dans la région d’Idleb, au nord-est du pays. Depuis le mois de décembre, le régime de Bachar al-Assad  bombarde sans cesse ce dernier grand bastion des jihadistes et des rebelles, poussant à la fuite près d’un million de personnes.

Interrogé par l’AFP, le porte-parole de Michelle Bachelet Rupert Colville a expliqué que les couloirs humanitaires devaient avant tout permettre « aux civils qui le souhaitent » de quitter les zones de conflit, en toute sécurité.

« Aucun abri n’est plus sûr. Et comme l’offensive du gouvernement se poursuit et que les gens se retrouvent de force dans des zones de plus en plus petites, je crains que d’autres personnes soient tuées », a ajouté l’ancienne présidente chilienne.

« L’échec de la diplomatie »

Depuis le 1er janvier 2020, 298 civils sont morts à Idleb et Alep. Environ 93% de ces décès ont été causés par le gouvernement syrien et ses alliés. En outre, dix installations médicales et dix-neuf centres d’enseignement ont été directement touchés ou affectés par des frappes.

Par ailleurs, avec les combats et les frappes menées quotidiennement par le régime de Bachar al-Assad et son allié russe, près de 900 000 personnes ont été déplacées dans la région d’Idleb et ses environs. La plupart d’entre elles sont des femmes et des enfants, a affirmé l’ONU hier, réitérant un appel pour un cessez-le-feu.

Mme Bachelet s’est dite alarmée par « l’échec de la diplomatie » face à la crise syrienne qui dure depuis 2011, estimant que la protection des civils devrait passer « avant toute victoire politique ou militaire ».

« Comment peut-on justifier le lancement d’attaques aussi aveugles et inhumaines ? » a‑t-elle lancé dans son communiqué, avant de conclure : « je condamne dans les termes les plus fermes l’impunité persistante pour les violations du droit international humanitaire commises par les différentes parties au conflit ».

Irène Ahmadi