Affaire Carlos Ghosn : l’enquête confiée à un juge d’instruction

Le parquet de Nanterre cherche à comprendre pourquoi des flux financiers ont été organisés entre Renault et une société basée à Oman, et des prestations événementielles qui auraient bénéficié à Carlos Ghosn.

Un an après l’ouverture d’une enquête préliminaire sur des soupçons d’abus de biens sociaux chez Renault, visant notamment son ancien patron, Carlos Ghosn, le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) vient d’annoncer ce mercredi avoir transmis l’enquête à un juge d’instruction.

Cette information judiciaire a notamment été ouverte « pour abus de biens sociaux, abus de confiance aggravés, faux et usage, blanchiment aggravé d’abus de biens sociaux (…) » pour des faits commis entre 2009 et 2020, précise le parquet dans un communiqué.

Dans le viseur : des soirées organisées à Versailles

Le parquet de Nanterre souhaite faire la lumière sur deux soirées d’ordre privé qu’aurait organisées Carlos Ghosn au château de Versailles : son mariage avec son épouse Carole en octobre 2016 — la location du château ne lui aurait pas coûté un centime — et sa soirée d’anniversaire, qui a aussi eu lieu dans le château. Ces largesses auraient été consenties en échange d’une convention de mécénat signée entre Renault et l’établissement qui gère le château.

Dans cette affaire sont également en cause des versements suspects de Renault vers le distributeur du constructeur automobile français à Oman, Suhail Bahwan Automobiles (SBA).

Une autre information judiciaire est déjà en cours, à Paris, pour des faits d’« abus de biens sociaux et de « corruption passive ». Elle porte sur des contrats signés par RNBV, la filiale néerlandaise à 50–50 entre Nissan et Renault censée incarner l’alliance, lorsque Carlos Ghosn en était le PDG.

Cette ouverture d’information judiciaire intervient deux mois et demi après la fuite très médiatisée de Carlos Ghosn du Japon, où il fait aussi l’objet de quatre inculpations par la justice japonaise, notamment pour abus de confiance et détournements de fonds.