Après sa défaite à Dortmund, le PSG dos au mur

Dans l’ambiance bouillonnante du Signal Iduna Park, un Paris Saint-Germain fébrile s’est incliné 2-1 face à Dortmund en huitièmes de finale aller de la Ligue des Champions.

22 heures 58 : les joueurs de Dortmund communient avec leurs supporters du « Mur jaune ». Ils viennent de créer la surprise en renversant le Paris Saint Germain au bout d’un match haletant. Le jeune norvégien Erving Haaland, auteur d’un incroyable doublé (69e, 77e), est particulièrement acclamé.

Dominés dans les grandes largeurs par le Borussia Dortmund (BVB), au cœur et au talent bluffants, les Parisiens ont cru arracher un nul miraculeux après l’égalisation de Neymar à la 75e minute. Mais Haaland, recruté cet hiver par le BVB, a fini par sanctionner le collectif balbutiant des Parisiens, surprenant de lacunes. Thomas Tuchel, le coach du PSG, a surpris par sa fébrilité. Pour son retour à Dortmund, où il a vécu un mariage ombrageux entre 2015 et 2017, le coach parisien a tenté un pari osé : abandonner son système en 4–4‑2, pourtant en place depuis deux mois, au profit d’un 3–4‑3 hybride et expérimental avec Neymar au cœur du jeu.

Neymar en manque de rythme

Déterminé à s’imposer comme le talisman qui manquait au PSG ces deux dernières saisons pour conjurer la malédiction des huitièmes, Neymar, aligné dans un trident d’attaque en compagnie d’Angel Di Maria et Kylian Mbappé, a pourtant pris les choses en main d’entrée de jeu. Après avoir provoqué et obtenu un excellent coup franc à l’entrée de la surface adverse, le Brésilien a vu sa tentative passer tout près des buts de Bürki (10e). La première étincelle du numéro 10 parisien… vite éteinte par l’étreinte jaune et noire. Pour son grand retour à ce stade de la compétition, manqué l’an dernier en raison d’une grave blessure au pied droit, son manque de rythme flagrant, après un mois sans jouer, a entravé la majeure partie de ses initiatives.

Paris a très longtemps souffert sans rompre. Faute de pouvoir emballer la rencontre, les coéquipiers de Mbappé ont fini par ralentir le rythme pour revenir aux vestiaires sur un score de 0–0, heureux au vu de leur prestation. Si Hakimi (48e) puis Sancho (49e), habilement engouffrés dans les six mètres parisiens, avaient mieux ajusté leurs centres, le score aurait déjà pu être en faveur de Dortmund. Sans parler de la perte de balle de Kimpembe, qui a failli profiter à Haaland (50e) !

Le premier tir cadré de la soirée pour Paris est intervenu à la… 65e minute : l’œuvre de Mbappé sur un tir en angle fermé sans danger pour Bürki. Ce qui a réveillé le duo qu’il forme avec Neymar, à l’origine d’une seconde tentative beaucoup plus tranchante (66e). L’intermède avant la sanction, sur une action anodine : à l’affût d’un ballon contré, Haaland, qui rôdait dans la surface, a trompé Navas d’un tacle rageur pour ouvrir le score (1–0, 69e). Dans la foulée, Neymar pensait avoir inscrit le but égalisateur (1–1, 74e) à la réception d’un centre de Mbappé, seul éclair du match du Français.

C’était sans compter le génie du prodige Haaland. La pépite norvégienne a lancé un missile venu de nulle part pour donner l’avantage à son équipe (2–1, 77e). Dans ce duel de magiciens, Neymar a failli répondre, mais son baroud d’honneur sur un tir désespéré a fini sur le poteau adverse (82e).

Paris toujours en position de se qualifier

Tout est loin d’être perdu pour le Paris Saint-Germain. 49,3 % des équipes se sont qualifiées après avoir perdu 2–1 à l’extérieur au match aller en Coupe d’Europe depuis 1970. Le but marqué en Allemagne est précieux, une victoire sur la plus petite des marges (1–0) au Parc des Princes suffira.

Mais pas sûr que faire des calculs soit la meilleure option. Hier, le PSG a semblé inhibé. Tuchel l’a reconnu : « on a joué avec trop de peur ». Une peur qui a aussi conduit à trop préserver Neymar en amont de ce match. Le brésilien l’a regretté après le match au micro de RMC Sport : « C’est dur de rester quatre matches sans jouer. Malheureusement, ce n’était pas mon choix, c’était le choix du club, des médecins, c’est eux qui ont pris cette décision, que moi je n’ai pas aimée ».

Mbappé, positionné dans un poste inhabituel d’attaquant de pointe, n’a pas pesé. Derrière, la défense centrale a paru désorganisée. Emporté par la fougue allemande, Tuchel et ses hommes auront sans doute intérêt à revenir à un plan de jeu plus classique pour renverser la vapeur. Pour une équipe parisienne habituée à bénéficier d’un sérieux avantage avant le match retour ces trois dernières années, c’est un défi différent qui s’annonce le mercredi 11 mars.